To be or not to be (a classic book snob)

J’ai lu récemment un article au sujet de la « hiérarchie » dans laquelle certains ont tendance à placer les œuvres littéraires. Si vous lisez l’anglais, je vous encourage à cliquer ici pour accéder à l’article. L’auteure de l’article, Samantha Lyon (samanthalyon@theinflectionist.com), a eu la gentillesse de me donner la permission de traduire et d’adapter son article pour Emerancega.com. Pour la suite de l’article, donc, le texte en italique est ma traduction/adaptation des mots de Samantha Lyon.

Dès leur jeune âge, les gens sont inondés d’idées de ce qu’ils devraient ou ne devraient pas lire. Il semble exister une forme de hiérarchie sociale dans le monde des livres, hiérarchie dont la structure est presque instinctive. La majorité des gens comprennent, par exemple, qu’il est socialement plus approprié et respectable de lire Balzac que R.L. Stine (auteur des collections Frissons et Chair de poule). Vous gagnerez plus en statut social pour seulement prétendre avoir lu Les illusions perdues que vous n’en recevriez pour avoir lu Da Vinci Code. C’est une vérité universellement accepté, un peu comme chacun sait qu’un mariage sur la plage peut être chic, mais que porter un bikini blanc à la cérémonie ne l’est certainement pas. Il est toutefois important pour nous de se demander pourquoi nous pensons ainsi. Peut-être qu’il n’y a rien de mal à porter un bikini, et peut-être que Rafaële Germain (auteure de Soutien-gorge rose et veston noir) est la Jane Austen du siècle actuel.

Il existe depuis longtemps un débat au sujet de ce qui définit un « classique » parmi les romans. Un classique devrait-il être intellectuellement stimulant? Doit-il avoir résister au test du temps? Doit-il contenir des analogies appropriées provoquant une réflexion? Sommes nous seulement capable d’identifier lesquels de nos contemporains passeront à l’histoire en tant que génies de la littérature?

Tout amoureux de la littérature s’est déjà posé ces questions et a subséquemment réalisé que le concept même de « classique » est subjectif au point d’en être frustrant. Dans les années 1980, Italo Calvino a affirmé dans son essai Pourquoi lire les classiques qu’un auteur classique est quelqu’un dont on ne peut se sentir indifférent. Calvino a conclu qu’il était impossible de définir ce qui fait d’un livre un classique, car il relève de chaque lecteur de définir ce qui est pour lui un classique.

Étant donné notre inhabilité à définir adéquatement un « classique » romanesque, la société devrait-elle avoir des vues si hautaines sur le sujet, ou devrait-on abandonner le snobisme littéraire et plutôt encourager la lecture en général, indépendamment du genre ou du prestige? La majorité des gens se sont déjà retrouvés dans une position où ils avaient à défendre leurs habitudes de lecture. Certains peuvent s’intéresser tout particulièrement à un livre d’horreur assez cheesy, [ou assez fromage, comme dirait un de mes amis…], tandis que d’autres lisent de la « chick-lit » (littérature légère écrite par des femmes, pour des femmes, et se concentrant souvent sur les relations sociales et amoureuses. Ex. : les romans Harlequin). Certains ont l’habitude de se plonger dans le dernier roman pour jeunes adultes paru alors que d’autres sont obsédés par le supernaturel. De nombreux adultes apprécient la lecture d’un bon livre pour enfant, même si leur « enfant » a grandi depuis longtemps. La plupart d’entre nous ayant un plaisir coupable, il semble illogique de juger les autres pour les leurs, mais on le fait tout de même, car il existe une forme de prétention bien définie en relation avec les livres. Peut-être bien que les livres sont tous égaux, mais certains livres sont plus égaux que les autres.

De nombreux auteurs contemporains doivent souffrir des comparaisons aux auteurs classiques. Vous entendrez peut-être quelqu’un dire « ce n’est pas du Poe », mais plusieurs oublient qu’Edgar Allan Poe n’était même pas Edgar Allan Poe à une certaine époque. Même si l’oeuvre de Poe est aujourd’hui connue et appréciée à travers le monde, pendant sa vie, il avait de la difficulté à vivre de sa plume, et il mourut sans avoir reçu beaucoup de respect. C’est une problématique qui reste toujours d’actualité, notre société n’accordant pas beaucoup de valeur aux écrivains qui vivent actuellement et qui, après tout, parviennent à publier leurs textes dans un climat d’édition très difficile. Ces auteurs ont persévéré à travers plus de rejets qu’on n’en peut compter, simplement grâce à leur amour pour la fiction.

Peut-être leur travail et leur succès devraient-ils être applaudis plutôt que critiqués simplement parce qu’ils écrivent pour un large groupe de lecteurs. Aussi importants que les classiques peuvent indubitablement être, nous avons des raisons de croire qu’une obsession pour les classiques peut mener à une forme d’aveuglement empêchant de voir et d’apprécier les merveilles littéraires d’aujourd’hui.

À une époque où plusieurs désespèrent du déclin de la capacité d’attention des enfants, où le citoyen canadien moyen regarde 2.3 heures de télévision chaque jour[2005, Statistiques Canada], où, selon The Reading Agency, 46 % des 16 à 24 ans ne lisent pas pour le plaisir, peut-être devrions nous prendre du recul par rapport à nos jugements concernant les habitudes de lecture, pour simplement être contents de lire. Connaissant l’alternative, peut-être bien que Stephenie Meyer et ses vampires ne sont pas si mauvais que ça, après tout.

Que pensez-vous de cet article? Avez-vous déjà senti que quelqu’un vous jugeait en fonction de vos lectures?

À propos de emerancega

J'ai 23 ans, une collection de cubes Rubik et un amour inconditionnel pour la littérature.
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3 réponses à To be or not to be (a classic book snob)

  1. lyonediting dit :

    A reblogué ceci sur LyonEditinget a ajouté :
    My most recent article translated into French by Emerancega! (https://emerancega.com/)

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  2. Je n’ai jamais eu l’impression de me faire juger par mes choix de lecture, mais je suis d’accord avec ce qui est soulevé dans cet article. Les personnes qui se font jugées pour ce qu’elles aiment lire ou par le fait qu’elles n’ont pas d’intérêt pour ce qui est considéré comme un classique par plusieurs peuvent se désintéresser de vouloir lre pour le plaisir. Un tel désintérêt serait dommage et pourrait se réflèter dans les prochaines générations de jeunes.
    En passant j’ai trouvé une faute dans la phrase suivante : La plupart d’entre nous ayant un plaisir coupable, il semble illogique de juger les autres pour les leurs, mais on le fait tout de même, car ils existe une forme de prétention bien définie en relation avec les livres.
    « car ils existe une forme… » devrait plutôt être « car il existe une forme… » (a moins que je me trompes et que mon français soit si mauvais que ça)

    J’aime

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