Calendrier littéraire montréalais : avril et mai 2017

Voici un petit calendrier des événements littéraires pour adultes gratuits ou à contribution volontaire qui auront lieu à Montréal aux mois d’avril et mai 2017. N’oubliez pas de visiter cette page souvent pour vous tenir au courant des événements au fur et à mesure qu’ils sont annoncés.

Jeudi 6 avril : Inauguration de l’exposition des concours de bande dessinée et de photographie

Dimanche 9 avril : Je suis un arbre sans feuille

Samedi 15 avril : Exposition : Trésors retrouvés de l’Institut canadien « La ligne et la chair » : premier jour ; Exposition Syrian Eyes of the world : premier jour

Dimanche 16 avril : Lancement de Ici et ailleurs, Henri Deluy

Mardi 18 avril : Midi-conférence « Autour du roman numérique Le vendeur de goyaves » avec Ugo Monticone ; Conférence : Comment la relation au territoire prend place dans l’oeuvre de Mordecai-Richler? ; Club du roman policier ; Qui est Edgar Kosma qui connaît Larry Tremblay? ; Éric Roger, entrevue et performance

Mercredi 19 avril : Club de lecture des parents ; Viens que je te raconte mon arrivée ici

Jeudi 20 avril : Journée d’étude : « Archiver le présent: viser l’épuisement » ; Le code Québec ou les sept traits identitaires des Québécois ; Plaisirs d’écrire ; Revue l’ARgoT : Lancement du magazine numéro 7 ; Lancement // Jours de haine d’Anna Raymonde Gazaille ; Causerie : Dominique Demers – Mon fol amour ; Le volcan : une réflexion sur la vie et la mort de Malcolm Lowry. Donald Brittain et John Kramer.

Vendredi 21 avril : Les lecteurs. Le plaisir de la lecture à voix haute. Sur le territoire de Michel Tremblay, avec Sylvie Potvin ; D’images et de mots ; 5e séance du Séminaire Figura: « Narrations contemporaines: Poétique, parcours et pratiques » ; À table avec Yann Fortier ; Exposition Syrian Eyes of the world : dernier jour ; L’amour du livre ; Joséphine Bacon et ses complices

Performance du groupe de musique I Pereira I

Performance du groupe de musique I Pereira I lors d’un lancement de magazine, en janvier 2015

Samedi 22 avril : Exposition des concours de bande dessinée et de photographie : dernier jour ; Atelier d’écriture : Partageons nos mémoires ; Montréal, j’ai quelque chose à te dire! ; Correspondance intime avec un auteur

Dimanche 23 avril : Le paradis n’est-il pas une bibliothèque? ; Un poème pour ta voix | Capsules vidéos et chœur poétique ; Rencontre avec Marcus Malte // Journée mondiale du livre et du droit d’auteur ; Sophie Faucher lit Jacques Prévert // Journée mondiale du livre et du droit d’auteur ; Livres mystères ; La reliure, un véritable métier d’art, avec Josée Roberge, relieuse ; Quiz sur la bande dessinée québécoise

Lundi 24 avril : J’accuse ‒ Du texte au théâtre ; Le goût des mots ; Faut bien commencer quelque part

Mardi 25 avril : Club de lecture du mardi soir ; Conférence: « On ne nous dit pas tout. Plaidoyer pour la critique policière » ; Lancement: Dictionnaire des intellectuel.les au Québec ; Chloé Sainte-Marie reçoit Louise Dupré

Mercredi 26 avril : Lancement // Claude Vivier ou la machine désirante

Jeudi 27 avril : La Piazza : le voyage imaginaire de Dante, hier et aujourd’hui

Mercredi 26 avril : Découvrez Venise par le biais de ses polars et de ses classiques avec Hélène Laforce ; Club de lecture Saint-Charles ; Montréal à voix haute ; Atelier d’écriture : Exploration

Vendredi 28 avril : Exposition : Trésors retrouvés de l’Institut canadien « La ligne et la chair » : dernier jour ; Speed colloque: « Imaginaires de Google » ; Club de lecture Marie-Uguay ; Lancement annuel de Linda Leith Éditions

Samedi 29 avril : Les mots des poètes ; Lieux de naissance, usages et couleurs du français ; Lectures Babel Bleu III ; Pourquoi es-tu heureux-se à Montréal? ; Garde brouillard : une expérience de création multidisciplinaire

Dimanche 30 avril : Écrire l’apocalypse, rencontre avec Catherine Mavrikakis ; Je suis un arbre sans feuille ; Mots et musique conjugués ; Lectures Babel bleu IV

Mardi 2 mai : Ianick Marcil, entrevue et performance ; Club de lecture Parc-Extension

Mercredi 3 mai : Club de lecture Benny

Jeudi 4 mai : Club de lecture du jeudi après-midi ; Rencontre d’auteur : Alain Labonté ; Lancement de L’antépisode mexicain de l’artiste Éric Bolduc

Vendredi 5 mai : La vie littéraire au Québec ; Club de lecture de la bibliothèque Mordecai-Richler

Claudia Larochelle et Mylène Paquette

Claudia Larochelle et Mylène Paquette lors d’une causerie en novembre 2014

Dimanche 7 mai : Atelier de création de fanzines ; Rendez-vous littéraire : Ru, de Kim Thuy avec À Voix haute et Kim Thuy ; Cabaret des auteurs du dimanche

Mardi 9 mai : Atelier d’écriture : Des images et des mots avec Marie Hébert

Mercredi 10 mai : Club de lecture de poésie : L’année de ma disparition et Manuel de poétique à l’intention des jeunes filles de Carole David

Jeudi 11 mai : Club de lecture de Villeray

Samedi 13 mai : Atelier d’écriture : Partageons nos mémoires

Dimanche 14 mai : Cabaret des auteurs du dimanche

Mardi 16 mai : Club de lecture de la bibliothèque Plateau-Mont-Royal ; Club de lecture du mardi soir ; Club du roman policier ; Club de lecture du mardi soir

Mercredi 17 mai : Les matinées rencontre – Du livre à l’écran

Jeudi 18 mai : Plaisirs d’écrire

Dimanche 21 mai : Cabaret des auteurs du dimanche

Mercredi 24 mai : Rencontre avec Iris, bédéiste ; Club de lecture des parents

Jeudi 25 mai : Club de lecture du jeudi après-midi ; La femme aux cartes postales, conférence de Claude Paiement et Jean-Paul Eid

Vendredi 26 mai : Club de lecture Marie-Uguay

Samedi 27 mai : Promenade littéraire : Gens de poésie et de littérature ; Atelier d’écriture : Partageons nos mémoires ; Femme bédéiste au Québec avec Line Arsenault

Dimanche 28 mai : Cabaret des auteurs du dimanche

Mardi 30 avril : Premiers romans, premiers succès

Mercredi 31 mai : Club de lecture Saint-Charles ; Atelier d’écriture : Exploration

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Calendrier littéraire montréalais : mars 2017

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L’écrivain David Goudreault et la chercheure et psychiatre Gabriella Gobbi lors d’une rencontre de la série La Piazza organisée par l’UNEQ en partenariat avec l’Institut Italien de Culture de Montréal.

Voici un petit calendrier des événements littéraires pour adultes gratuits ou à contribution volontaire qui auront lieu à Montréal au mois de mars 2017. N’oubliez pas de visiter cette page souvent pour vous tenir au courant des événements au fur et à mesure qu’ils sont annoncés.

Mercredi 1er mars : Club de lecture Benny ; Club de lecture de poésie : Le livre blond de François Turcot

Jeudi 2 mars : Club de lecture du jeudi après-midi

Vendredi 3 mars : Club de lecture de la bibliothèque Mordecai-Richler

Samedi 4 mars : Atelier d’écriture : Partageons nos mémoires

Mardi 7 mars : Benny Book Club ; Lancement // Claude Gingras — Auditions ; Poésie urbaine avec Greg Madhi Pradel

Mercredi 8 mars : Écriture au féminin

Samedi 11 mars : Rencontre d’auteure : Aki Shimazaki

Lundi 13 mars : Poésie yogacat-1196655

Mardi 14 mars : Club de lecture de la bibliothèque Plateau-Mont-Royal ; Club de lecture du mardi soir ; Thomas Hellman : Rêver l’Amérique

Mercredi 15 mars : Montréal est une ville de poèmes vous savez

Jeudi 16 mars : Plaisirs d’écrire ; Club de lecture de Villeray

Samedi 18 mars : Atelier d’écriture : Partageons nos mémoires

Dimanche 19 mars : Voyage poétique au coeur de Mystique boudoir

Mardi 21 mars : Atelier d’initiation au poème « haïku » ; Atelier d’écriture : Des images et des mots ; Club de lecture les Millefeuilles ; Club du roman policier

Jeudi 23 mars : Le poème est une maison de bord de mer ; Club de lecture du jeudi après-midi

Vendredi 24 mars : Les superbes, avec Marie-Hélène Poitras

Dimanche 26 mars : Rendez-vous littéraire : Montréal à haute voix avec Hélène Denis

Vendredi 29 mars : Rencontre littéraire avec Luc Durocher

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Calendrier littéraire montréalais : février 2017

Une table ronde organisée dans le cadre de l'édition 2015 de Fierté Littéraire

Une table ronde organisée dans le cadre de l’édition 2015 de Fierté Littéraire

Voici un petit calendrier des événements littéraires pour adultes gratuits ou à contribution volontaire qui auront lieu à Montréal au mois de février 2017. N’oubliez pas de visiter cette page souvent pour vous tenir au courant des événements au fur et à mesure qu’ils sont annoncés.

Mercredi 1er février : Conférence de Joël Casséus : L’américanité en littérature ; La psychophysiologie de la dépression et du suicide – Rencontre scientifique et littéraire

Jeudi 2 février : Rencontre avec Denis Monette ; Dévoilement des finalistes du Prix des libraires du Québec 2017

Vendredi 3 février : Club de lecture de la bibliothèque Mordecai-Richler

Lundi 6 février : Atelier d’écriture : Écrire sur le thème du bonheur: quel bonheur! avec Sylvie Dagenais

Mardi 7 février : Benny Book Club ; Club de lecture les Millefeuilles ; Rencontre-causerie: « Climat de suspicion: écrire l’étrange, tromper l’attente »

Mercredi 8 février : Club de lecture La découverte ; Lancement / Causerie avec Marie-Pascale Huglo ; Lancement // Anne-Renée Caillé, Héliotrope ; Sylvie Moreau+Proust | PréliminairesGeneral_RegisHighSchoolNYCLibrary

Jeudi 9 février : Club de lecture du jeudi après-midi ; Causerie // Jean Basile

Dimanche 12 février : Deux poètes et une absente // Sylvia Plath ; La Cour des poètes et la paix

Lundi 13 février : Atelier d’écriture : Écrire sur le thème du bonheur: quel bonheur! avec Sylvie Dagenais ; Lancement :: Numéro 167 :: Chorégraphies

Mardi 14 février : Rencontre avec Kim Thúy ; Club de lecture de la bibliothèque du Plateau-Mont-Royal

Mercredi 15 février : Rencontre avec Kim Thúy ; Rencontre littéraire avec Marie Lasnier ; Lancement du livre de Claude Brisebois « Sous couverture » ; Lancement // Aleksi K. Lepage

Jeudi 16 février : Plaisirs d’écrire ; Club de lecture de Villeray ; Lancement // Outardes de Catherine Côté ; Lancement : « Une virée américaine » de François Jobin ; Rencontre avec Joséphine Bacon et Natasha Kanapé Fontaine ; Causerie et lecture autour de « Le droit d’être rebelle », correspondance des Ferron ; Conférence: «The Slow Witness: Syrian War Literature in Real Time» ; La Librairie Paulines célèbre son auteure en résidence

Vendredi 17 février : La passion selon Marie Louise, avec Diane Marie-Racicot

Dimanche 19 février : Geneviève Pettersen…ou l’art de jouer avec le feu sans se brûler

Mardi 21 février : Club de lecture du mardi soir ; Club du roman policier ; Fred Griot présente « www live »Mars2015 004

Mercredi 22 février : Visite commentée de l’exposition « Pierre Ayot – Regard critique »

Jeudi 23 février : Lancement de « Je finirai bien par comprendre » ; Résurgence autochtone et nouveaux médias

Vendredi 24 février : Séminaire Figura: « Narrations contemporaines: Poétique, parcours et pratiques »

Lundi 27 février : Atelier d’écriture : Écrire sur le thème du bonheur: quel bonheur! avec Sylvie Dagenais ; La Cour des poètes et la thématique libre

Mardi 28 février : Club de lecture les Millefeuilles ; Marc Séguin : parcours d’un romancier ; Rencontre littéraire avec Nicolas Dickner

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Calendrier littéraire montréalais : décembre 2016 et janvier 2017

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Joséphine Bacon, Michel Jean et Melissa Mollen Dupuis lors d’une soirée-causerie en novembre dernier – Voir l’article

Voici un petit calendrier des événements littéraires pour adultes gratuits ou à contribution volontaire qui auront lieu à Montréal aux mois de décembre 2016 et janvier 2017. N’oubliez pas de visiter cette page souvent pour vous tenir au courant des événements au fur et à mesure qu’ils sont annoncés.

Mardi 13 décembre : Troc tes livres ; Atelier d’écriture avec Joël Casséus : Les personnages

Mercredi 14 décembre : Club de lecture La Découverte ; Rencontre : Deux duos auteurs/illustrateur de La Pastèque ; Slamésie en folie

Jeudi 15 décembre : Partage des mémoires ; Lancement du recueil d’Anne Pasquier «Acanthe» ; Mon âge est à inventer

Vendredi 16 décembre : Club de lecture de la bibliothèque du Boiséimg_0175_jour13

Mardi 20 décembre : Atelier d’écriture avec Joël Casséus : Le décor

Vendredi 6 janvier : Club de lecture de la bibliothèque Mordecai-Richler

Mardi 10 janvier : Club de lecture du mardi soir ; Des anges et des mots, le cabaret poétique des anges déchus

Jeudi 12 janvier : Club de lecture de Villeray ; Causerie-Lancement // Bernard Emond

Mercredi 18 janvier : Les mots partagés ; Rencontre littéraire : Pierre Sirois (Siris)

Jeudi 19 janvier : Plaisirs d’écrire

Mardi 24 janvier : Club du roman policier

Mercredi 25 janvier : Lancement du livre « Je pars en Inde » de Véronique Daudelin Lancement collectif // Melançon + Gagnon

Jeudi 26 janvier : Un barbare en Chine nouvelle ; Cercle littéraire ; Lancement // Aleksi K. Lepage

Vendredi 27 janvier : Club de lecture de la bibliothèque du Boisé ; Lancement double, Éditions de La Tournure : Mimi Haddam et Sébastien Auger ; Lancement de « Souffler dans la cassette » de Jonathan Bécotte

Lundi 30 janvier : La Cour des poètes reçoit la bande à Bonneau

work-rooms-1091202Mardi 31 janvier : Club de lecture du mardi soir

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Amun

Le 10 novembre dernier, la librairie Paulines de Montréal recevait Michel Jean, Joséphine Bacon et Melissa Mollen Dupuis pour une causerie au sujet du recueil de nouvelles Amun, paru en septembre chez Stanké. Dans la langue innue, « amun » signifie « rassemblement ». Telle est la mission que s’est donné le journaliste et écrivain innu de Mashteuiatsh Michel Jean : réunir des écrivains des Premières Nations issus de différentes communautés et appartenant à différents groupes d’âges pour créer un livre en français.

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Cliquez ici pour lire quelques pages de cet ouvrage de Joséphine Bacon

Dès le début de son projet, Michel Jean espérait avoir la participation de Joséphine Bacon, réalisatrice, parolière et poète innue originaire de Betsiamites. En plus d’être une poète phare du Québec grâce à ses écrits économes de mots mais riches en émotions [1], Joséphine Bacon est très impliquée dans la diffusion de la culture de ses ancêtres : elle enseigne la langue innue (ou innu-aimun), travaille à diverses traductions de cette langue vers le français, donne des ateliers d’écriture et des conférences dans des institutions d’enseignement supérieur et dans plusieurs communautés autochtones et réalise ou participe à la production de films documentaires. Melissa Mollen Dupuis n’hésite pas à la déclarer « reine des Innus ».

Joséphine Bacon n’a pas hésité à se joindre au projet de Michel Jean. C’est elle qui a inspiré le titre du recueil en faisant la remarque qu’il s’agissait d’un rassemblement, d’un amun. Le titre auquel Michel Jean avait originalement songé était Les rivières n’appartiennent à personne. Il dit en riant qu’il pourra peut-être l’utiliser pour un prochain roman.

Pour mieux expliquer ce qu’est un amun, Joséphine Bacon raconte brièvement une histoire dont le personnage principal, affamé, organise un amun pour les oiseaux des environs et les invite à danser les yeux fermés de façon à ce qu’il puisse en attraper quelques-uns, leur tordre le cou et les dévorer. Il parvient à attraper plusieurs oiseaux avant que le huard n’ouvre les yeux et ne donne l’alarme. La poète explique que les légendes autochtones sont un peu comme les Mille et Une Nuits : il y a toujours une continuation, une autre histoire faisant référence à la première ou mettant en scène le même personnage.

L’animatrice culturelle, comédienne, activiste et écrivaine Melissa Mollen Dupuis, innue de Ekuanitshit (Mingan) [2], est fascinée par ces légendes autochtones. Dans les familles autochtones, il n’est pas rare que l’on raconte des histoires aux enfants avant qu’ils aillent se coucher, puis qu’on continue à se raconter des histoires entre adultes. C’est là qu’on raconte « les histoires de fesses et les histoires de pets », explique-t-elle, se désolant que ces histoires pour adultes ne soient pas toujours transmises aux nouvelles générations. Melissa Mollen Dupuis veut que les légendes se poursuivent, que leurs personnages restent vivants et continuent à évoluer. Sa contribution au recueil Amun fait d’ailleurs référence à une légende amérindienne qu’elle apprécie tout particulièrement, tout en s’inscrivant dans un contexte moderne.

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Cliquez ici pour lire quelques pages du recueil Amun

Bien que l’action de sa nouvelle se déroule de nos jours, elle n’a pas lieu en ville. Melissa Mollen Dupuis souligne qu’en ville on connaît une surcharge de stimuli, tandis que dans le bois, on porte attention à tout : au souffle du vent, à la texture de la neige, au son de nos pas. Un tel environnement nous place dans un état d’esprit complètement différent. C’est là qu’on est « sensible aux esprits », explique-t-elle. Elle parle de différentes croyances autochtones. Certains pensent que des êtres pensants vivent cachés dans les crevasses des pierres. Certains croient également que des personnages minuscules, qui vivent leur vie comme des humains, parcourant les cours d’eau sur des canots miniatures et tendant des filets miniatures pour attraper des poissons, vivent en forêt. Quelques personnes affirment même les avoir aperçus. Selon Melissa Mollen Dupuis, ce n’est qu’en s’éloignant de la ville que l’on peut s’ouvrir à ces êtres de légende et à la façon d’être et de penser qui permet de se rapprocher de cette partie de la culture autochtone.

C’est cette culture autochtone que tente de mettre en valeur Michel Jean avec le recueil Amun. Il ne cache pas son admiration pour Joséphine Bacon, qui parvient à changer l’état d’esprit de ses lecteurs avec un petit nombre de mots. Il décrit la poète comme une pionnière de la littérature autochtone du Canada et l’interroge sur ses débuts. Avant de répondre, Joséphine Bacon tient à souligner qu’elle n’est pas la première écrivaine innue à s’être fait connaître, citant en exemple l’essai Je suis une maudite sauvagesse d’An Antane Kapesh, paru en 1976. Quant à son propre parcours, Joséphine Bacon le raconte avec beaucoup de modestie, attribuant son succès à l’écrivaine amun_images_kapeshsauvagessed’origine française et algérienne Laure Morali. En effet, c’est dans le cadre d’un projet de jumelage [3] organisé par Morali que Bacon a connu le poète José Aquelin. Après avoir correspondu avec lui, Joséphine Bacon a continué à écrire, sans réellement se prendre au sérieux. Elle notait ses vers sur les morceaux de papier qu’elle avait à portée de main, souvent des reçus de caisse, accumulant les mots au fond de son sac. Un jour, Bacon a fait le ménage de son sac alors qu’elle était chez Morali, jettant sa collection de bouts de papier à la poubelle. C’est Morali a récupéré les vers et encouragé Bacon à écrire un recueil de poésie. « C’est comme dire que ma poésie est née du rêve de Laure Morali, » affirme l’Innue.

Michel Jean enchaîne sur le sujet des méthodes d’écritures de Joséphine Bacon. Il raconte que, quand il a demandé à la poète si elle avait songé à sa nouvelle pour le recueil Amun, elle lui a répondu qu’elle avait raconté son histoire à plusieurs personnes et qu’il ne restait qu’à la coucher sur papier. Ainsi la démarche de Bacon reste marquée par la tradition orale. Jean a particulièrement apprécié la nouvelle qu’elle a écrite pour Amun. Il dit avoir été marqué par la résilience du personnage. En réponse, Bacon affirme : « On a toujours besoin d’espoir. »

Melissa Mollen Dupuis prend la parole pour souligner comment les écrivains et artistes des Premières Nations apportent de l’espoir aux jeunes autochtones. Plus jeune, Mollen Dupuis a été marquée par le succès de sa cousine, la poète Rita Mestokosho. Elle a été étonnée de constater qu’il est possible de toucher la sensibilité de la population n’appartenant pas aux Premières Nations sans mettre de côté ses racines. « Ça donne l’impression que tu peux exister avec ta propre identité, » explique-t-elle. Par la suite, lors d’une retraite d’écriture de deux semaines organisée à Québec pour les jeunes autochtones, Mollen Dupuis a approfondi sa connaissance de la littérature autochtone. Elle-même écrit peu ces temps-ci, se concentrant sur l’activisme et sur son bébé, mais elle est très heureuse d’avoir pu participer à la création d’Amun et travailler avec Joséphine Bacon, dont la simplicité dans l’écriture l’impressionne. Alors qu’elle travaillait à sa nouvelle, Bacon lui a conseillé à plusieurs reprises d’épurer son texte ; elle l’a aidée à aérer son écriture.

Joséphine Bacon, Michel Jean et Melissa Mollen Dupuis

Joséphine Bacon, Michel Jean et Melissa Mollen Dupuis

Interrogée par Michel Jean au sujet de la simplicité caractéristique de son écriture, Joséphine Bacon répond en riant : « Je manque peut-être de vocabulaire ? » Elle ajoute : « Moi, je ne veux pas que ce soit compliqué. » L’ethnolinguiste José Mailhot, qui a travaillé avec la poète, fait le lien avec les récits des anciens, toujours exprimés en mots simples. Selon elle, Joséphine Bacon « a comme un diplôme universitaire en culture innue ». En effet, Joséphine Bacon a passé dix ans à visiter différentes communautés [4]  pour enregistrer des récits en innu, puis à transcrire ces récits en innu et à les traduire en français. « Je pourrai mourir tranquille, je suis allée tous les voir, » dit Bacon, qui a été particulièrement marquée par les communautés les plus isolées, qui vivaient encore de manière très traditionnelle. « Ils étaient comme les récits des vieux, » dit-elle. Ses yeux brillent quand elle parle de ces récits. « Tout ce [que les vieux] me racontaient, c’était tellement vivant que je le vivais en même temps qu’il me le racontaient. » Le tout avec des mots simples, choisis avec parcimonie.

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Melissa Mollen Dupuis
Image : Idle No More

Il faut savoir que les Innus, comme plusieurs autres communautés autochtones, n’ont pas peur du silence. « Il n’y a pas de malaise, » dit Joséphine Bacon. Si la sagesse se transmet par les histoires, le savoir-faire, quant à lui, se transmet souvent sans utiliser de mots. Pour apprendre, les jeunes observent les plus âgés. Plutôt que de leur poser des questions, ils regardent chacun de leurs gestes. « [Quelqu’un] va juste te dire « Je fais [des] mocassins demain ». C’est à toi d’y aller le lendemain pour voir comment [on fait] des mocassins. Sinon tu dois attendre [des] mois pour avoir une nouvelle chance, » dit Melissa Mollen Dupuis. Chacun y va ensuite de ses histoires de choc culturel, racontant comment une personne ou une autre s’est étonnée du peu de bavardise des autochtones. Mollen Dupuis se remémore la première visite de son conjoint à Mingan : tandis qu’elle parlait avec les femmes de sa famille, elle a laissé son conjoint avec les hommes. Il croyait que les autres hommes ne s’entendaient pas avec lui ou s’ennuyaient parce que leur conversation était espacée par des moments de silence durant parfois plusieurs minutes. Mollen Dupuis a dû lui expliquer que « le party était pogné »  [5]. Elle-même sait apprécier le silence, bien qu’elle éprouve souvent de la difficulté à économiser ses mots. « J’ai pas le malaise du silence, mais j’ai la diarrhée verbale, » dit-elle en riant.

Melissa Mollen Dupuis regrette de n’avoir pas appris la langue innue étant enfant. De son propre aveu, il s’agit de son « plus grand deuil ». Bien qu’elle ait grandit à Mingan, entourée de locuteurs de cette langue, elle parlait français à la maison et ses amis plurilingues s’adressaient à elle en français. Elle a tout de même appris plusieurs mots en innu-aimun, et se souvient d’ailleurs avec un plaisir visible de la fierté qu’elle a ressentie en apprenant son premier mot, qui se prononce « ou-ou » et signifie « hibou ». Mollen Dupuis aime entendre la langue de ses ancêtres innus même lorsque le sens des mots lui échappe. Ainsi, écouter des chansons en innu-aimun a sur elle un effet réconfortant. C’est aussi une grande admiratrice des vers de Joséphine Bacon, qui, comme José Mailhot le dit si bien, « sait faire chanter la langue française, mais avec des images innues. »

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La page d’accueil de Wapikoni

Melissa Mollen Dupuis a aussi visionné plusieurs films au sujet de la langue innue, disponibles sur le site Internet de Wapikoni. Elle encourage d’ailleurs l’assistance à visiter ce site Internet, où l’on peut accéder gratuitement à plus de 900 courts-métrages, dont elle a elle-même créé quelques uns. Elle tient à perpétuer le sentiment de communauté et la culture d’entraide caractéristiques des Premières Nations et à encourager les jeunes autochtones à revendiquer la place qui leur est due dans la société. « J’ai étudié en droit deux ans à Ottawa […] juste pour comprendre la Loi sur les Indiens, » [6] dit-elle, ajoutant qu’elle se réjouit aujourd’hui de voir plusieurs jeunes étudier cette même loi pour mieux défendre les intérêt de leur communauté.

Même si certains des sujets abordés lors de la causerie étaient plus négatifs, l’ambiance est demeurée légère et amicale, et même si personne ne cachait son admiration envers Joséphine Bacon, celle-ci restait très modeste et faisait des blagues. Comme l’a fait remarquer Melissa Mollen Dupuis, « Les vieux les plus hot, ce sont les plus modestes, et [parce qu’ils sont modestes] on les trouve encore plus hot! » J’ai moi-même beaucoup d’admiration pour Bacon et pour son œuvre. J’ai très hâte de découvrir son texte dans Amun, ainsi que les textes de Michel Jean, de Melissa Mollen Dupuis et des sept autres écrivains des Premières Nations qui ont contribué au recueil. Si vous avez lu Amun ou d’autres textes d’écrivains autochtones, n’hésitez pas à partager votre opinion dans les commentaires. À bientôt!

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1. Voir l’article Un thé dans la toundra pour découvrir une des œuvres de Joséphine Bacon.
2. Voir l’article Les enfants poètes pour découvrir un projet littéraire réalisé à Mingan.
3. L’ouvrage collectif Aimititau ! Parlons nous !, paru en 2008 chez Mémoire d’encrier, regroupe ces correspondances entre auteurs Blancs et des Premières Nations.
4. Cliquez ici pour en apprendre plus au sujet des différentes communautés autochtones du Québec.
5. Expression québécoise signifiant que c’est la fête, que la fête a commencé, qu’il y a une atmosphère de fête, qu’une fête est animée.
6. Pour en apprendre plus au sujet de la Loi sur les Indiens, je vous invite à lire cet article de William B. Henderson. Le texte de loi, quant à lui, est disponible en ligne ici.

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