Promenade sur la rivière Internet, partie 2

Tout le monde est bien installé? Bienvenue à bord pour la suite de ce parcours littéraire sur la rivière Internet. Si vous avez des questions, écrivez-moi un commentaire et j’y répondrai avec plaisir. Je vous rappelle que les gilets de sauvetage sont situés en dessous de vos sièges. Partons à l’aventure!

Premier arrêt : Nelly Arcan

Commençons la journée en force par la visite de Nelly Arcan, un site intéressant tant pour ses graphismes que son contenu, et sur lequel vous obtiendrez gratuitement Burqa de chair en document PDF, ainsi que quelques nouvelles non publiées et travaux universitaires.

Deuxième arrêt : Le Bouquineur

Envie de découvrir les nouveaux livres sur les tablettes? Notre prochain arrêt, le Bouquineur, devrait vous satisfaire grâce à ses nombreux articles. Au menu : résumé des ouvrages accompagné de l’opinion d’un « bouquineur » averti.

Troisième arrêt : Zeroseconde.com

Donner un livre gratuitement en format électronique, une bonne stratégie pour augmenter les ventes papier? La réponse se trouve peut-être à tribord, à notre prochain arrêt, Zeroseconde.com. Dans son article Donner pour vendre?, Martin Lessard analyse la situation.

Enfin! nous accostons; je vous laisse.

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Ma découverte de l’ortograf altêrnativ

Avez-vous déjà entendu parler de l’ortograf altêrnativ?

 

Si vous avez répondu non, je vous encourage à lire la suite de cet article.

Ce matin, habitant à Montréal et voulant aller à la bibliothèque, je me rends sur le site Internet de la ville et je découvre un menu d’options à gauche : texte simplifié, ortograf altêrnativ et version sonore. Les explications, disponibles uniquement sous forme de texte simplifié, sont en ligne ici. En bref :

À la suite du Sommet de Montréal, tenu en juin 2002, la Ville de Montréal s’est engagée à souscrire au principe d’accessibilité universelle pour les personnes ayant des déficiences[,] qu’elles soient visuelles, auditives, intellectuelles ou autres[…] la Ville de Montréal est la première municipalité au monde à mettre sur pied un tel site Internet adapté pour ses citoyens qui ont certaines limitations ou déficiences et nous en sommes très fiers.

« Accès simple » offre trois façons d’accéder à l’information : le texte simplifié, l’ortograf altêrnativ et le son. L’information est présentée simplement et utilise un langage adapté aux citoyens ayant des besoins particuliers. Le site accroît donc les possibilités de répondre à la diversité des besoins de la population. […] Il ne faut pas oublier que plus de 30 % de la population montréalaise éprouve, pour toutes sortes de raisons, de la difficulté à lire.

L’ortograf altêrnativ s’adresse [aux] personnes qui ont des incapacités intellectuelles. En plus de simplifier le texte, l’ortograf altêrnativ réduit la complexité de l’écriture. Cette façon différente d’accéder à la communication écrite mise sur une correspondance orthographique stable entre les lettres (graphèmes) et les sons (phonèmes). L’ortograf altêrnativ utilise seulement 35 correspondances graphèmes/phonèmes alors que l’orthographe conventionnelle en compte plus de 4000. Attention, l’ortograf altêrnativ n’est pas une nouvelle façon d’écrire le français. Elle est un mode alternatif d’écriture au même titre que le braille, destiné à des personnes que la complexité de l’écriture place dans une situation d’analphabétisme, de dépendance envers autrui ou d’exclusion [de] la vie démocratique.

L’ortograf altêrnativ utilisée par la Ville de Montréal a été développée par des chercheurs de l’Université de Montréal (il en existe d’autres variantes). Cette façon d’écrire est encore jeune. Que croyez-vous que seront ses effets à long terme? N’hésitez pas à donner votre opinion dans les commentaires.

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Réflexions triangulaires no. 6

Le 24 juillet dernier, j’ai décidé de taper à l’ordinateur le texte intégral du roman Le triangle d’or de Maurice Leblanc, tel qu’expliqué ici.

Voici mes dernières réflexions à ce sujet :

– J’ai pour l’instant recopié environ 35 000 mots, ce qui correspond approximativement à la longueur de mon roman L’élixir divin de la vie, roman dont le titre vient d’un élément narratif dont le nom est prétentieux au point de sonner un peu ridicule, ce qui est d’ailleurs remarqué par le personnage principal dans le premier chapitre. Enfin! tout cela pour dire que j’ai une idée de ce que peut représenter l’écriture de 35 000 mots, et que je me sentais l’obligation de prendre une pause pour souligner comment la copie d’un roman permet de mieux se rendre compte de l’effort que ce roman a pu représenter de la part de son auteur. De plus, on parle, dans le cas du Triangle d’or, d’un roman non pas écrit pour l’auteur lui-même, mais pour publication, ce qui nécessite un bien plus long travail de relecture. J’en suis reconnaissante envers les écrivains dont j’ai eu la chance de lire les œuvres d’avoir pris le temps d’écrire.

– Lisez cet extrait du roman :

Hein, qu’en dis-tu ? suis-je de force ? et toute la police française elle-même, déjà surmenée, m’offrira-t-elle le secours indispensable ? Non, ce qu’il faudrait pour débrouiller une pareille affaire, c’est un type exceptionnel et qui réunisse toutes les qualités. Enfin un bonhomme comme on n’en voit pas.

Patrice s’appuya davantage sur le bras de son compagnon.

– Toi, qui as de si belles relations, tu n’as pas ça dans ta poche ? Un génie, un demi-dieu !

À la lecture de ces lignes, il est difficile pour quiconque a lu les aventures d’Arsène Lupin de penser « Ça y est! on appelle le gentleman cambrioleur à entrer en scène! » On rapporte qu’au cinéma, les spectateurs riaient lorsqu’ils voyaient Louis de Funès apparaître à l’écran, avant même qu’il ne commence à faire le comique. Ces spectateurs riaient d’avance car ils connaissaient Louis de Funès et qu’après avoir vu plusieurs de ses films, ils associaient son visage au rire. De la même façon, ces quelques lignes me font frissonner de plaisir. Arsène Lupin!

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To be or not to be (a classic book snob)

J’ai lu récemment un article au sujet de la « hiérarchie » dans laquelle certains ont tendance à placer les œuvres littéraires. Si vous lisez l’anglais, je vous encourage à cliquer ici pour accéder à l’article. L’auteure de l’article, Samantha Lyon (samanthalyon@theinflectionist.com), a eu la gentillesse de me donner la permission de traduire et d’adapter son article pour Emerancega.com. Pour la suite de l’article, donc, le texte en italique est ma traduction/adaptation des mots de Samantha Lyon.

Dès leur jeune âge, les gens sont inondés d’idées de ce qu’ils devraient ou ne devraient pas lire. Il semble exister une forme de hiérarchie sociale dans le monde des livres, hiérarchie dont la structure est presque instinctive. La majorité des gens comprennent, par exemple, qu’il est socialement plus approprié et respectable de lire Balzac que R.L. Stine (auteur des collections Frissons et Chair de poule). Vous gagnerez plus en statut social pour seulement prétendre avoir lu Les illusions perdues que vous n’en recevriez pour avoir lu Da Vinci Code. C’est une vérité universellement accepté, un peu comme chacun sait qu’un mariage sur la plage peut être chic, mais que porter un bikini blanc à la cérémonie ne l’est certainement pas. Il est toutefois important pour nous de se demander pourquoi nous pensons ainsi. Peut-être qu’il n’y a rien de mal à porter un bikini, et peut-être que Rafaële Germain (auteure de Soutien-gorge rose et veston noir) est la Jane Austen du siècle actuel.

Il existe depuis longtemps un débat au sujet de ce qui définit un « classique » parmi les romans. Un classique devrait-il être intellectuellement stimulant? Doit-il avoir résister au test du temps? Doit-il contenir des analogies appropriées provoquant une réflexion? Sommes nous seulement capable d’identifier lesquels de nos contemporains passeront à l’histoire en tant que génies de la littérature?

Tout amoureux de la littérature s’est déjà posé ces questions et a subséquemment réalisé que le concept même de « classique » est subjectif au point d’en être frustrant. Dans les années 1980, Italo Calvino a affirmé dans son essai Pourquoi lire les classiques qu’un auteur classique est quelqu’un dont on ne peut se sentir indifférent. Calvino a conclu qu’il était impossible de définir ce qui fait d’un livre un classique, car il relève de chaque lecteur de définir ce qui est pour lui un classique.

Étant donné notre inhabilité à définir adéquatement un « classique » romanesque, la société devrait-elle avoir des vues si hautaines sur le sujet, ou devrait-on abandonner le snobisme littéraire et plutôt encourager la lecture en général, indépendamment du genre ou du prestige? La majorité des gens se sont déjà retrouvés dans une position où ils avaient à défendre leurs habitudes de lecture. Certains peuvent s’intéresser tout particulièrement à un livre d’horreur assez cheesy, [ou assez fromage, comme dirait un de mes amis…], tandis que d’autres lisent de la « chick-lit » (littérature légère écrite par des femmes, pour des femmes, et se concentrant souvent sur les relations sociales et amoureuses. Ex. : les romans Harlequin). Certains ont l’habitude de se plonger dans le dernier roman pour jeunes adultes paru alors que d’autres sont obsédés par le supernaturel. De nombreux adultes apprécient la lecture d’un bon livre pour enfant, même si leur « enfant » a grandi depuis longtemps. La plupart d’entre nous ayant un plaisir coupable, il semble illogique de juger les autres pour les leurs, mais on le fait tout de même, car il existe une forme de prétention bien définie en relation avec les livres. Peut-être bien que les livres sont tous égaux, mais certains livres sont plus égaux que les autres.

De nombreux auteurs contemporains doivent souffrir des comparaisons aux auteurs classiques. Vous entendrez peut-être quelqu’un dire « ce n’est pas du Poe », mais plusieurs oublient qu’Edgar Allan Poe n’était même pas Edgar Allan Poe à une certaine époque. Même si l’oeuvre de Poe est aujourd’hui connue et appréciée à travers le monde, pendant sa vie, il avait de la difficulté à vivre de sa plume, et il mourut sans avoir reçu beaucoup de respect. C’est une problématique qui reste toujours d’actualité, notre société n’accordant pas beaucoup de valeur aux écrivains qui vivent actuellement et qui, après tout, parviennent à publier leurs textes dans un climat d’édition très difficile. Ces auteurs ont persévéré à travers plus de rejets qu’on n’en peut compter, simplement grâce à leur amour pour la fiction.

Peut-être leur travail et leur succès devraient-ils être applaudis plutôt que critiqués simplement parce qu’ils écrivent pour un large groupe de lecteurs. Aussi importants que les classiques peuvent indubitablement être, nous avons des raisons de croire qu’une obsession pour les classiques peut mener à une forme d’aveuglement empêchant de voir et d’apprécier les merveilles littéraires d’aujourd’hui.

À une époque où plusieurs désespèrent du déclin de la capacité d’attention des enfants, où le citoyen canadien moyen regarde 2.3 heures de télévision chaque jour[2005, Statistiques Canada], où, selon The Reading Agency, 46 % des 16 à 24 ans ne lisent pas pour le plaisir, peut-être devrions nous prendre du recul par rapport à nos jugements concernant les habitudes de lecture, pour simplement être contents de lire. Connaissant l’alternative, peut-être bien que Stephenie Meyer et ses vampires ne sont pas si mauvais que ça, après tout.

Que pensez-vous de cet article? Avez-vous déjà senti que quelqu’un vous jugeait en fonction de vos lectures?

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Réflexions triangulaires no. 5

J’ai entrepris de taper à l’ordinateur l’intégralité du texte du roman Le triangle d’or de Maurice Leblanc, tel qu’expliqué dans cet article.

J’en suis à 25 798 mots et je me rends compte que je dois maintenant prendre des pauses fréquentes sans quoi je me mets à recopier machinalement, sans plus penser à l’histoire ni à la structure du texte.

Parfois, j’essais de m’imaginer comment je réagirais dans des situations inspirées du roman. Par exemple, si j’apprenais qu’un inconnu collecte des photos de moi, et ce depuis mon plus jeune âge, et que cet inconnu vient vraisemblablement d’être assassiné, comment réagirais-je?

Il me semble que j’aurais un peu peur, mais que je serais surtout très curieuse, et qu’il me prendrait sans doute l’envie d’écrire une histoire à ce sujet. Car il y a, il me semble, dans les vieilles photographies une valeur littéraire intrinsèque.

J’ai récemment visionné plusieurs épisodes de Midsomer Murders, la série télévisée basée sur les romans policiers de Caroline Graham. Dans plusieurs épisodes, une photographie ou une série de photographies devient un élément essentiel à la résolution de l’enquête. Il y a quelque chose de fascinant dans la somme d’informations que peut contenir une image. On peut la regarder pendant des heures sans rien trouver, ou obtenir la clef de l’énigme en quelques secondes. Des fois, il faut agrandir et analyser l’image, comme Deckard dans Blade Runner, tandis que d’autres fois il faut comprendre la portée émotionnelle d’une photographie pour celui qui la conserve. Dans tous les cas, c’est un élément narratif qui en appelle à l’imagination du lecteur, particulièrement lorsqu’il est utilisé dans un texte sans illustrations.

L’écrivain américain Ransom Riggs aime créer des histoires à partir de vieilles photographies. Si vous lisez l’anglais, je vous invite à lire cet article pour en savoir plus à ce sujet et pour observer certaines des photographies dont il s’est inspiré. Si, comme moi, vous êtes particulièrement intrigués par son roman Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children, je vous invite à visiter également le site de l’auteur à ce sujet.

Je vous laisse sur ce lien vers une liste d’œuvres littéraires où la photographie joue un rôle important et je retourne recopier Le triangle d’or.

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