Amun

Le 10 novembre dernier, la librairie Paulines de Montréal recevait Michel Jean, Joséphine Bacon et Melissa Mollen Dupuis pour une causerie au sujet du recueil de nouvelles Amun, paru en septembre chez Stanké. Dans la langue innue, « amun » signifie « rassemblement ». Telle est la mission que s’est donné le journaliste et écrivain innu de Mashteuiatsh Michel Jean : réunir des écrivains des Premières Nations issus de différentes communautés et appartenant à différents groupes d’âges pour créer un livre en français.

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Cliquez ici pour lire quelques pages de cet ouvrage de Joséphine Bacon

Dès le début de son projet, Michel Jean espérait avoir la participation de Joséphine Bacon, réalisatrice, parolière et poète innue originaire de Betsiamites. En plus d’être une poète phare du Québec grâce à ses écrits économes de mots mais riches en émotions [1], Joséphine Bacon est très impliquée dans la diffusion de la culture de ses ancêtres : elle enseigne la langue innue (ou innu-aimun), travaille à diverses traductions de cette langue vers le français, donne des ateliers d’écriture et des conférences dans des institutions d’enseignement supérieur et dans plusieurs communautés autochtones et réalise ou participe à la production de films documentaires. Melissa Mollen Dupuis n’hésite pas à la déclarer « reine des Innus ».

Joséphine Bacon n’a pas hésité à se joindre au projet de Michel Jean. C’est elle qui a inspiré le titre du recueil en faisant la remarque qu’il s’agissait d’un rassemblement, d’un amun. Le titre auquel Michel Jean avait originalement songé était Les rivières n’appartiennent à personne. Il dit en riant qu’il pourra peut-être l’utiliser pour un prochain roman.

Pour mieux expliquer ce qu’est un amun, Joséphine Bacon raconte brièvement une histoire dont le personnage principal, affamé, organise un amun pour les oiseaux des environs et les invite à danser les yeux fermés de façon à ce qu’il puisse en attraper quelques-uns, leur tordre le cou et les dévorer. Il parvient à attraper plusieurs oiseaux avant que le huard n’ouvre les yeux et ne donne l’alarme. La poète explique que les légendes autochtones sont un peu comme les Mille et Une Nuits : il y a toujours une continuation, une autre histoire faisant référence à la première ou mettant en scène le même personnage.

L’animatrice culturelle, comédienne, activiste et écrivaine Melissa Mollen Dupuis, innue de Ekuanitshit (Mingan) [2], est fascinée par ces légendes autochtones. Dans les familles autochtones, il n’est pas rare que l’on raconte des histoires aux enfants avant qu’ils aillent se coucher, puis qu’on continue à se raconter des histoires entre adultes. C’est là qu’on raconte « les histoires de fesses et les histoires de pets », explique-t-elle, se désolant que ces histoires pour adultes ne soient pas toujours transmises aux nouvelles générations. Melissa Mollen Dupuis veut que les légendes se poursuivent, que leurs personnages restent vivants et continuent à évoluer. Sa contribution au recueil Amun fait d’ailleurs référence à une légende amérindienne qu’elle apprécie tout particulièrement, tout en s’inscrivant dans un contexte moderne.

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Cliquez ici pour lire quelques pages du recueil Amun

Bien que l’action de sa nouvelle se déroule de nos jours, elle n’a pas lieu en ville. Melissa Mollen Dupuis souligne qu’en ville on connaît une surcharge de stimuli, tandis que dans le bois, on porte attention à tout : au souffle du vent, à la texture de la neige, au son de nos pas. Un tel environnement nous place dans un état d’esprit complètement différent. C’est là qu’on est « sensible aux esprits », explique-t-elle. Elle parle de différentes croyances autochtones. Certains pensent que des êtres pensants vivent cachés dans les crevasses des pierres. Certains croient également que des personnages minuscules, qui vivent leur vie comme des humains, parcourant les cours d’eau sur des canots miniatures et tendant des filets miniatures pour attraper des poissons, vivent en forêt. Quelques personnes affirment même les avoir aperçus. Selon Melissa Mollen Dupuis, ce n’est qu’en s’éloignant de la ville que l’on peut s’ouvrir à ces êtres de légende et à la façon d’être et de penser qui permet de se rapprocher de cette partie de la culture autochtone.

C’est cette culture autochtone que tente de mettre en valeur Michel Jean avec le recueil Amun. Il ne cache pas son admiration pour Joséphine Bacon, qui parvient à changer l’état d’esprit de ses lecteurs avec un petit nombre de mots. Il décrit la poète comme une pionnière de la littérature autochtone du Canada et l’interroge sur ses débuts. Avant de répondre, Joséphine Bacon tient à souligner qu’elle n’est pas la première écrivaine innue à s’être fait connaître, citant en exemple l’essai Je suis une maudite sauvagesse d’An Antane Kapesh, paru en 1976. Quant à son propre parcours, Joséphine Bacon le raconte avec beaucoup de modestie, attribuant son succès à l’écrivaine amun_images_kapeshsauvagessed’origine française et algérienne Laure Morali. En effet, c’est dans le cadre d’un projet de jumelage [3] organisé par Morali que Bacon a connu le poète José Aquelin. Après avoir correspondu avec lui, Joséphine Bacon a continué à écrire, sans réellement se prendre au sérieux. Elle notait ses vers sur les morceaux de papier qu’elle avait à portée de main, souvent des reçus de caisse, accumulant les mots au fond de son sac. Un jour, Bacon a fait le ménage de son sac alors qu’elle était chez Morali, jettant sa collection de bouts de papier à la poubelle. C’est Morali a récupéré les vers et encouragé Bacon à écrire un recueil de poésie. « C’est comme dire que ma poésie est née du rêve de Laure Morali, » affirme l’Innue.

Michel Jean enchaîne sur le sujet des méthodes d’écritures de Joséphine Bacon. Il raconte que, quand il a demandé à la poète si elle avait songé à sa nouvelle pour le recueil Amun, elle lui a répondu qu’elle avait raconté son histoire à plusieurs personnes et qu’il ne restait qu’à la coucher sur papier. Ainsi la démarche de Bacon reste marquée par la tradition orale. Jean a particulièrement apprécié la nouvelle qu’elle a écrite pour Amun. Il dit avoir été marqué par la résilience du personnage. En réponse, Bacon affirme : « On a toujours besoin d’espoir. »

Melissa Mollen Dupuis prend la parole pour souligner comment les écrivains et artistes des Premières Nations apportent de l’espoir aux jeunes autochtones. Plus jeune, Mollen Dupuis a été marquée par le succès de sa cousine, la poète Rita Mestokosho. Elle a été étonnée de constater qu’il est possible de toucher la sensibilité de la population n’appartenant pas aux Premières Nations sans mettre de côté ses racines. « Ça donne l’impression que tu peux exister avec ta propre identité, » explique-t-elle. Par la suite, lors d’une retraite d’écriture de deux semaines organisée à Québec pour les jeunes autochtones, Mollen Dupuis a approfondi sa connaissance de la littérature autochtone. Elle-même écrit peu ces temps-ci, se concentrant sur l’activisme et sur son bébé, mais elle est très heureuse d’avoir pu participer à la création d’Amun et travailler avec Joséphine Bacon, dont la simplicité dans l’écriture l’impressionne. Alors qu’elle travaillait à sa nouvelle, Bacon lui a conseillé à plusieurs reprises d’épurer son texte ; elle l’a aidée à aérer son écriture.

Joséphine Bacon, Michel Jean et Melissa Mollen Dupuis

Joséphine Bacon, Michel Jean et Melissa Mollen Dupuis

Interrogée par Michel Jean au sujet de la simplicité caractéristique de son écriture, Joséphine Bacon répond en riant : « Je manque peut-être de vocabulaire ? » Elle ajoute : « Moi, je ne veux pas que ce soit compliqué. » L’ethnolinguiste José Mailhot, qui a travaillé avec la poète, fait le lien avec les récits des anciens, toujours exprimés en mots simples. Selon elle, Joséphine Bacon « a comme un diplôme universitaire en culture innue ». En effet, Joséphine Bacon a passé dix ans à visiter différentes communautés [4]  pour enregistrer des récits en innu, puis à transcrire ces récits en innu et à les traduire en français. « Je pourrai mourir tranquille, je suis allée tous les voir, » dit Bacon, qui a été particulièrement marquée par les communautés les plus isolées, qui vivaient encore de manière très traditionnelle. « Ils étaient comme les récits des vieux, » dit-elle. Ses yeux brillent quand elle parle de ces récits. « Tout ce [que les vieux] me racontaient, c’était tellement vivant que je le vivais en même temps qu’il me le racontaient. » Le tout avec des mots simples, choisis avec parcimonie.

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Melissa Mollen Dupuis
Image : Idle No More

Il faut savoir que les Innus, comme plusieurs autres communautés autochtones, n’ont pas peur du silence. « Il n’y a pas de malaise, » dit Joséphine Bacon. Si la sagesse se transmet par les histoires, le savoir-faire, quant à lui, se transmet souvent sans utiliser de mots. Pour apprendre, les jeunes observent les plus âgés. Plutôt que de leur poser des questions, ils regardent chacun de leurs gestes. « [Quelqu’un] va juste te dire « Je fais [des] mocassins demain ». C’est à toi d’y aller le lendemain pour voir comment [on fait] des mocassins. Sinon tu dois attendre [des] mois pour avoir une nouvelle chance, » dit Melissa Mollen Dupuis. Chacun y va ensuite de ses histoires de choc culturel, racontant comment une personne ou une autre s’est étonnée du peu de bavardise des autochtones. Mollen Dupuis se remémore la première visite de son conjoint à Mingan : tandis qu’elle parlait avec les femmes de sa famille, elle a laissé son conjoint avec les hommes. Il croyait que les autres hommes ne s’entendaient pas avec lui ou s’ennuyaient parce que leur conversation était espacée par des moments de silence durant parfois plusieurs minutes. Mollen Dupuis a dû lui expliquer que « le party était pogné »  [5]. Elle-même sait apprécier le silence, bien qu’elle éprouve souvent de la difficulté à économiser ses mots. « J’ai pas le malaise du silence, mais j’ai la diarrhée verbale, » dit-elle en riant.

Melissa Mollen Dupuis regrette de n’avoir pas appris la langue innue étant enfant. De son propre aveu, il s’agit de son « plus grand deuil ». Bien qu’elle ait grandit à Mingan, entourée de locuteurs de cette langue, elle parlait français à la maison et ses amis plurilingues s’adressaient à elle en français. Elle a tout de même appris plusieurs mots en innu-aimun, et se souvient d’ailleurs avec un plaisir visible de la fierté qu’elle a ressentie en apprenant son premier mot, qui se prononce « ou-ou » et signifie « hibou ». Mollen Dupuis aime entendre la langue de ses ancêtres innus même lorsque le sens des mots lui échappe. Ainsi, écouter des chansons en innu-aimun a sur elle un effet réconfortant. C’est aussi une grande admiratrice des vers de Joséphine Bacon, qui, comme José Mailhot le dit si bien, « sait faire chanter la langue française, mais avec des images innues. »

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La page d’accueil de Wapikoni

Melissa Mollen Dupuis a aussi visionné plusieurs films au sujet de la langue innue, disponibles sur le site Internet de Wapikoni. Elle encourage d’ailleurs l’assistance à visiter ce site Internet, où l’on peut accéder gratuitement à plus de 900 courts-métrages, dont elle a elle-même créé quelques uns. Elle tient à perpétuer le sentiment de communauté et la culture d’entraide caractéristiques des Premières Nations et à encourager les jeunes autochtones à revendiquer la place qui leur est due dans la société. « J’ai étudié en droit deux ans à Ottawa […] juste pour comprendre la Loi sur les Indiens, » [6] dit-elle, ajoutant qu’elle se réjouit aujourd’hui de voir plusieurs jeunes étudier cette même loi pour mieux défendre les intérêt de leur communauté.

Même si certains des sujets abordés lors de la causerie étaient plus négatifs, l’ambiance est demeurée légère et amicale, et même si personne ne cachait son admiration envers Joséphine Bacon, celle-ci restait très modeste et faisait des blagues. Comme l’a fait remarquer Melissa Mollen Dupuis, « Les vieux les plus hot, ce sont les plus modestes, et [parce qu’ils sont modestes] on les trouve encore plus hot! » J’ai moi-même beaucoup d’admiration pour Bacon et pour son œuvre. J’ai très hâte de découvrir son texte dans Amun, ainsi que les textes de Michel Jean, de Melissa Mollen Dupuis et des sept autres écrivains des Premières Nations qui ont contribué au recueil. Si vous avez lu Amun ou d’autres textes d’écrivains autochtones, n’hésitez pas à partager votre opinion dans les commentaires. À bientôt!

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1. Voir l’article Un thé dans la toundra pour découvrir une des œuvres de Joséphine Bacon.
2. Voir l’article Les enfants poètes pour découvrir un projet littéraire réalisé à Mingan.
3. L’ouvrage collectif Aimititau ! Parlons nous !, paru en 2008 chez Mémoire d’encrier, regroupe ces correspondances entre auteurs Blancs et des Premières Nations.
4. Cliquez ici pour en apprendre plus au sujet des différentes communautés autochtones du Québec.
5. Expression québécoise signifiant que c’est la fête, que la fête a commencé, qu’il y a une atmosphère de fête, qu’une fête est animée.
6. Pour en apprendre plus au sujet de la Loi sur les Indiens, je vous invite à lire cet article de William B. Henderson. Le texte de loi, quant à lui, est disponible en ligne ici.

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Fate/Stay Night : Fate (Realta Nua) partie 11

fate11_002Ceci est la onzième partie de mon commentaire de lecture au sujet de la route Fate du visual novel japonais Fate/stay night. Si vous n’avez pas déjà lu le début de cet article, je vous invite à le faire : partie 1 partie 2 partie 3 partie 4 partie 5 partie 6 partie 7 partie 8 partie 9 partie 10 AVERTISSEMENT : Cet article révèle des éléments de l’intrigue de Fate/stay night.

Nous nous étions laissés après que Tohsaka Rin et Emiya Shirô ont échappé de peu à la mort et formé une alliance. Nous retrouvons Shirô alors qu’il se remet de cette soirée éprouvante. Inquiet de l’état de Saber, blessée elle aussi lors du combat contre Illya et Berserker, Shirô va la rejoindre dans le dojo, où elle médite.

Elle a enlevé son armure, et ses formes sont plus faciles à deviner, ce qui fait de l’effet à Shirô. Quand elle termine sa séance de méditation et que Shirô commence à lui parler, Saber tient d’abord à mettre quelque chose au clair : elle considère comme inacceptable que son Master se porte à sa défense en s’exposant lui-même. Le combat, c’est sa spécialité et elle mourra si nécessaire, mais elle ne laissera pas son Master recevoir un coup à sa place. De son côté, Shirô s’excuse de son manque de talent en magie : il craint de n’offrir à Saber qu’une très mince chance de remporter la guerre. Telle est la réponse de Saber :

« You are my Master, Shirou. That fact will not change. A servant does not have the freedom to choose its Master. »

« Tu es mon Master, Shirô. Ce fait ne changera pas. Un Servant n’a pas la liberté de choisir son Master. »

Si Shirô est confus et pense beaucoup aux implications morales de la Guerre du Graal, Saber est, au contraire, très pragmatique. Shirô s’inquiète même de ses valeurs, mais elle lui assure qu’en sa qualité de chevalière elle suit un code d’honneur très strict. La conversation mène à un choix. Trois options s’offrent à moi : Shirô peut interroger Saber au sujet de son identité, s’enquérir de son état ou lui demander où elle a trouvé les vêtements qu’elle porte. Bien que je sois très curieuse de savoir quel Espritfate11_004 Héroïque est Saber, il me semble plus poli de commencer par s’enquérir de son état. Après tout, elle semblait assez mal en point vers la fin du combat contre Berserker.

Saber explique que la blessure qu’elle a subie lors du combat l’opposant à Berserker a guéri en une heure, tout au plus. En revanche, la lance de Lancer l’a plus profondément blessée, ce qu’elle attribue à sa qualité de Noble Phantasm. Avant que Shirô ne puisse poser d’autres questions à la guerrière, Tohsaka Rin arrive dans le dojo avec un gros sac. Elle a apparemment pris la décision unilatérale de s’établir chez Shirô pour la durée de leur alliance.

Shirô laissera Rin occuper l’une des chambres de sa maison. Il demande également à Saber d’en choisir une : elle aurait voulu passer la nuit dans la chambre de Shirô pour le protéger, mais il s’obstine à la considérer comme un être humain et à considérer comme immoral de passer la nuit dans la même pièce qu’une fille. Pendant que Shirô lui fait faire le tour fate11_001de la maison, Saber en profite pour poursuivre la conversation amorcée plus tôt. Elle aborde elle-même le sujet de son identité.

Comme je l’ai indiqué précédemment [1], l’identité d’un Esprit Héroïque est une information très précieuse. C’est pourquoi Masters et Servants ont tendance à la garder secrète, dans la mesure du possible. Pour pleinement comprendre son Servant et combattre à ses côté, un Master doit connaître ses forces et ses faiblesses. Or, Shirô est un cas un peu spécial : il n’est pas réellement en mesure de combattre, et ses aptitudes magiques ne lui permettraient pas de fermer son esprit aux mages plus expérimentés. La meilleure manière de garder un secret est de ne pas le savoir, aussi Saber convainc Shirô qu’il vaut mieux qu’elle ne lui révèle rien pour l’instant.

Shirô et elle s’étant mis d’accord, Saber change de sujet. Normalement, un Servant devrait sentir un lien puissant l’unissant à son Master, et obtenir de l’énergie de lui. Par ce lien, le Master fournit, en quelque sorte, le carburant magique dont se sert le Servant. Seulement Saber ne reçoit aucune énergie de Shirô. Elle ignore pourquoi, mais elle croit que c’est lié à la façon dont elle a été invoquée. Après tout, Shirô ne savait pas du tout ce qu’il faisait, alors ce n’est pas étonnant s’il manque des morceaux. Malheureusement, on parle ici d’un morceau très important : Saber a besoin d’énergie magique pour fate11_008rester en ce monde. Si elle vient à court d’énergie, elle repartira d’où elle vient.

Saber a déjà dépensé une quantité substancielle d’énergie pour se guérir de ses blessures, aussi devra-t-elle user de ce qu’il lui reste avec parcimonie. Ne pouvant se dématérialiser comme Archer, elle décide de dormir : pendant qu’elle dormira, elle ne dépensera aucune énergie. C’est la même logique que si on se retrouve dans une salle fermée en cas de catastrophe : on éteint tous les téléphones cellulaires et on n’en allume un que quand on essaie de faire un appel.

Les scènes suivantes semblent faire abstraction de la Guerre du Graal pour s’intéresser à des questions plus banales : l’aménagement de la chambre de Rin, les tours de corvée de cuisine, la préparation d’un repas. Ce n’est qu’alors que Shirô termine la préparation du souper que Rin, questionnée par Saber amène plus d’information au sujet de la Guerre. Elle a reconnu le nom de famille d’Illya. Les Einzberg sont une famille de mages qui sont passés très proches d’obtenir le Graal lors des guerres précédentes, aussi Illya doit avoir été bien préparée à ce nouvel affrontement.

fate11_012Rin explique que la classe Berserker, à laquelle appartient le Servant d’Illya, accorde une grande force à l’Esprit Héroïque qui l’incarne, au coût de sa santé mentale. Contrôler une telle bête féroce n’est pas à la portée de tous les mages, surtout si l’Esprit Héroïque est un héros majeur, donc très puissant. Il est donc particulièrement impressionnant qu’Illya parvienne à générer suffisamment d’énergie magique pour garder le contrôle d’Héraclès, l’un des héros les plus vénérés de la Grèce antique. Face à Illya et Berserker, la seule stratégie viable pour l’instant est de faire profil bas et de prendre la fuite au moindre signe de leur présence.

Shirô est trop peu expérimenté, mais Tohsaka Rin est en mesure de percevoir la présence d’autres mages lorsqu’ils sont à proximité. Quant à Saber, elle peut détecter un autre Servant s’il utilise ses habiletés magiques dans un rayon de deux cents mètres. Pour éviter d’être repérés par les autres Masters, Rin et Shirô décident de suivre le cours normal de leurs activités : ils iront à l’école et ne retrouveront Saber que le soir. Ayant la capacité de suivre Rin sans prendre une forme physique, Archer pourra les défendre en cas d’urgence.fate11_017

Une chose continue de troubler Shirô dans cet accord de vie commune. Habitué à vivre seul, il est soudain entouré de deux jeunes femmes dont l’une n’est pas humaine. Comment se comporter envers cet être pensant qui semble avoir tout d’une femme, mais qui n’a pour raison d’être qu’une guerre dont la compréhension échappe encore à Shirô? Comment bâtir une relation avec quelqu’un qui préfère garder son passé secret et dont le présent et le futur sont entièrement consacrés à la Guerre du Graal? De quoi peut-il bien lui parler? Quand il se décide à aborder Saber, Shirô n’a aucun sujet de conversation en tête. C’est plutôt Saber qui commencer à l’interroger sur la façon dont il a mis sa vie en péril pour la protéger de Berserker. Elle tient à s’assurer qu’un tel acte ne se répétera pas. Shirô lui assure qu’il ne s’agissait que d’un moment de confusion et que la prochaine fois il agira de façon à préserver sa propre vie. Shirô ment : il savait qu’il mettait sa vie en danger lors du combat contre Berserker, et il a agi pour protéger celle qu’il ne peut se résoudre à considérer autrement que comme une personne.

Cette nuit là, incapable de trouver le sommeil, Shirô traverse le jardin pour aller dans son atelier. Là, il fait le vide dans son fate11_019esprit et fait ses exercices de magie. Trop fatigué pour retourner à sa chambre, il s’endort.

Je sais, il ne s’est rien passé de bien excitant, mais je remets la suite de l’histoire à la douzième partie de cet article. En effet, j’aimerais faire le bilan des informations dont Shirô dispose maintenant. Je commence par mettre à jour mon tableau :

Résumé des informations disponibles au sujet des Servants et Masters impliqués dans la guerre du Graal
Classe du Servant Identité du Servant Master
Archer Tohsaka Rin
Assassin
Berserker  Héraclès Illyasviel von Einzbern
Caster
Lancer Cúchulainn
Rider
Saber  (Saber préfère ne pas la révéler à Shirô.) Emiya Shirô

L’interface du visual novel comporte des menus qui n’étaient pas accessibles auparavant mais qui sont fort utiles pour garder en mémoire l’information récoltée jusqu’à maintenant.

Le menu Status (traduction : statut/état) permet de consulter la liste des Servants et des informations connues à leur sujet. Ces informations sont divisées en quatre sections. La section Abilities (traduction : facultés/capacités) indique le nom de l’Esprit Héroïque et celui de son Master ainsi qu’une série d’informations générales au sujet du Servant : genre, taille, poids, alignement et statistiques. Si vous avez déjà joué à des jeux de rôles, cela devrait vous paraître familier, aussi je vous invite à passer directement à la section suivante. Sinon, je vais faire de mon mieux pour vous expliquer ce que je comprends de ces informations. Prenons l’exemple de Lancer :

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J’aimerais d’abord attirer votre attention sur l’alignement de Lancer. Il s’agit d’une indication au sujet de la moralité et de l’éthique du personnage. Voici l’alignement de Lancer :

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Ceci correspond à l’alignement Loyal neutre que l’on retrouve dans Donjons et Dragons [2]. En effet, selon le système de Donjon et Dragons, chaque personnage peut être situé sur l’axe de l’éthique : il peut être loyal, neutre ou chaotique. Il peut également être situé sur l’axe de la moralité : il peut être bon, neutre ou mauvais [3]. Un personnage loyal sur l’axe de l’éthique suit un ensemble de règles. Qu’il s’agisse de lois, de traditions ou d’un code de conduite personnel, ces règles sont normalement clairement définies. Un personnage neutre sur le plan de la moralité ne place pas le bien en priorité, sans pour autant chercher à faire le mal.

Poursuivons notre analyse avec les statistiques de Lancer :

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Les statistiques de Lancer sont notées sur une échelle de E à A. Outre les bulletins scolaires, plusieurs jeux vidéo utilisent une échelle semblable.

L'efficacité d'un personnage de <a href=http://fireemblem.wikia.com/wiki/Fire_Emblem_(series)>Fire Emblem</a> avec différentes armes, notée sur l'échelle suivante : E-D-C-B-A-S

L’efficacité d’un personnage de Fire Emblem avec différentes armes, notée sur l’échelle suivante : E-D-C-B-A-S

Revenons à Lancer. Ses statistiques sont les suivantes :

Strength (Force) : B
Endurance : C
Agilily (Agileté) : A
Magical Energy (Énergie magique) : C
Luck (Chance) : E
Noble Phantasm : B

Ainsi on sait qu’il est très agile, mais malchanceux.

Maintenant, voyons sa capacité de classe :

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Lancer ne possède qu’une capacité de classe (une capacité spécifique à la classe Lancer) mais l’on peut supposer que d’autres Servants peuvent en posséder plus d’une. La capacité de Lancer est la suivante :

Résistance magique : C
Annule toute magie nécessitant moins de deux vers. Ne peut bloquer de magie de grande envergure comme de la grande magie et de la magie rituelle.

Ainsi Lancer peut contrer certains sorts, selon une règle précise. Nous verrons si cela rentrera plus tard en ligne de jeu.

La section Details (traduction : détails) permet de se familiariser avec la légende de l’Esprit Héroïque.

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La section Skills (traduction : talents/compétences) permet de découvrir les autres talents de l’Esprit Héroïque.

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Finalement, la section Noble Phantasm offre de l’information détaillée sur le Noble Phantasm de l’Esprit Héroïque.

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Bien sûr, certains Esprits Héroïques utilisent des armes qui ne sont pas des Noble Phantasms. On les retrouve dans le menu Weapons (traduction : armes).

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Ces nouveaux menus contiennent encore plus d’informations que ce que l’histoire m’a appris jusqu’à maintenant au sujet des différents Esprits Héroïques. J’apprécie particulièrement la section Details du menu Status, qui décrit la légende de l’Esprit Héroïque. Il existe souvent plusieurs versions différentes de l’histoire d’un héros de la mythologie ; il me semble pratique de savoir à laquelle Fate/stay night fait référence. De plus, ça m’évitera de faire moi-même des recherches sur des personnages que je connais mal.

Sur ce, je vous laisse. Je vous retrouve bientôt pour la suite, en espérant qu’il y aura plus d’action!

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1. Voir les parties précédentes de cet article.
2. Donjons et Dragons (Dungeons and Dragons) est un jeu de rôles sur papier. Chaque joueur ou joueuse crée un personnage avec une classe, une personnalité, un alignement, des forces et des faiblesses définis. Le maître ou la maîtresse de jeu raconte une histoire à laquelle participent les personnages créés par les joueurs. Au cours de cette histoire, ils peuvent rencontrer des personnages non-joueurs ainsi que des créatures diverses ayant eux aussi, la plupart du temps, un alignement, des forces et des faiblesses définis.
3. Si vous voulez en savoir plus sur les différents alignements possibles, voici un lien pour vous : L’alignement

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Calendrier littéraire montréalais : novembre 2016

img_0175_jour13Voici un petit calendrier des événements littéraires pour adultes gratuits ou à contribution volontaire qui auront lieu à Montréal au mois de novembre. N’oubliez pas de visiter cette page souvent pour vous tenir au courant des événements au fur et à mesure qu’ils sont annoncés.

Mardi 1er novembre : Atelier d’écriture avec Joël Casséus : Le style, les symboles et l’allégorie ; Club de lecture Parc-Extension

Mercredi 2 novembre : Visite commentée de l’exposition Pierre Ayot – Regard critique ; Club de lecture : L’œuvre de Monique Proulx

Jeudi 3 novembre : Lancement // À bout de patience ; Cercle littéraire

Dimanche 6 novembre : David Turgeon lit «La raison vient à Carolus»

Lundi 7 novembre : Aboû Noûwas & Al-Maari / Une rencontre insolite ; Lancement // Nota Bene ; Club de lecture : Auteurs mexicains

Mardi 8 novembre : Atelier d’écriture avec Joël Casséus : Le plan de travail ; Nouveau club de lecture Le Prévost ; Montréal à haute voix – Hélène Denis

Jeudi 10 novembre : Partage des mémoires ; Club de lecture Le Prévostrepository-995180

Mardi 15 novembre : Lancement – Une Décennie Canadienne / Graeme Villeret ; Atelier d’écriture avec Joël Casséus : Les types romanesques ; Le bonheur c’est quand c’est l’heure! ; Découvrir l’Écosse et l’Irlande à travers leurs classiques et leurs polars avec Hélène Laforce ; Club de lecture du mardi soir

Mercredi 16 novembre : Découvrez la Scandinavie à travers les polars du Nord avec Hélène Laforce ; Rencontre littéraire avec Mélissa Verreault

Jeudi 17 novembre : Ma vie est entre tes mains

Mardi 22 novembre : Atelier d’écriture avec Joël Casséus : La science-fiction et le polar ; Atelier d’écriture : Inspirés par l’art avec Marie Hébert

Jeudi 24 novembre : Partage des mémoires ; Mourir, mais pas trop

Samedi 26 novembre : Conférence de Joël Casséus : Du premier jet à l’œuvre : Les enjeux de la réécriture ; La Scandinavie à travers ses polars avec Hélène Laforce

Dimanche 27 novembre : Lancement du second numéro de Minorités Lisibles

Lundi 28 novembre : Retrouvailles avec H. D. Thoreau avec Denis Lavalou

Mardi 29 novembre : Nelly Arcan : écrivaine hors normeshelf-315802

Mercredi 30 nnovembre : Visite commentée de l’exposition  Pierre Ayot – Regard critique ; Table ronde Lancement de la Revue Liberté ; Rencontre littéraire avec Hélène Rioux

Découvrir l’Écosse et l’Irlande à travers leurs classiques et leurs polars avec Hélène Laforce

Vous voulez me faire part d’un événement littéraire gratuit se déroulant à Montréal mais ne figurant pas sur cette liste? N’hésitez pas à le mentionner dans les commentaires ou à m’écrire à l’adresse suivante : emerance.ga@icloud.com

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Jour 13

Bonjour,

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Raymond-Louis Laquerre

Malheureusement, je n’avais pas eu le temps d’écrire pendant les deux dernières semaines. Je me suis occupée de différentes démarches administratives qui n’ont malheureusement pas abouti (ce n’est pas parce qu’une organisation a l’obligation légale de me fournir un certain papier qu’il est possible de l’obtenir) ainsi que de ma santé. Enfin! j’ai tout de même eu le temps de participer à un atelier d’écriture animé par Joël Casséus et d’assister à une conférence du même écrivain sur le rôle de l’écriture, d’assister à une conférence de Raymond-Louis Laquerre sur la lecture rapide stratégique , de participer à une causerie avec l’écrivain, éditrice et coach d’écriture Marie Brassard, de poursuivre ma lecture de Fate/stay night et de voir ma famille.

Ce n’est que ce matin que j’ai eu la chance d’écrire. J’ai enlevé quelques passages de mon tapuscrit et j’en ai étoffé d’autres. J’ai dû écrire environ 3500 mots. J’ai ensuite marché jusqu’à la bibliothèque Langelier pour participer à un atelier d’écriture animé par Joël Casséus. Cette semaine, le sujet était la forme et le contenu.

Ce soir, je suis épuisée. J’essaierai d’écrire un peu plus sur ce blogue dans les prochains jours. À bientôt.

 

 

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21 jours – 27 septembre 2016

TelephoneBonjour chers lecteurs,

Il y a plus d’une semaine que je vous ai informés de ma progression dans mon projet d’écriture de roman [1]. J’espérais pouvoir poursuivre ma rédaction dès cette semaine. J’ai sous-estimé le brillant hommage à l’œuvre de Kafka[2] que constitue Service Canada [3]. Je remets donc la reprise de ma rédaction à la semaine prochaine. D’ici là, je me concentrerai sur des activités demandant moins de concentration (lire : activités pouvant être accomplies le soir lorsque j’ai peu d’énergie ou dans la journée en écoutant une musique répétitive entrecoupée de messages indiquant de garder la ligne pour conserver la priorité d’appel).

Merci de votre compréhension,

Emerance GA

1. Voir Jour de « congé » 5.

2. Référence au roman Le Procès de Franz Kafka, qui met en scène un personnage aux prises avec une bureaucratie absurde et étouffante.

3. Selon la légende, cet organisme gouvernemental permettrait d’accéder à un grand nombre de services et de prestations du gouvernement canadien.

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