
Pierre Ménard de la librairie Paulines présentant Catherine Perrin et Pierre Cayouette
Mardi le 14 octobre dernier, j’ai eu la chance d’assister à une causerie avec Catherine Perrin autour de son récit Une femme discrète. La causerie était animée par son éditeur, Pierre Cayouette.
Catherine Perrin a écrit Une femme discrète suite au décès de sa mère Louise Adam. Depuis sa jeunesse, Mme Adam a été victime de souffrances physiques inexpliquées : des sinusites, des migraines, des maux de ventre et même un infarctus à 48 ans. Ce n’est que dans la cinquantaine qu’une explication possible s’est présentée. En effet, lors d’un traitement chez l’ostéopathe, Louise Adam a subitement recouvré le souvenir d’une agression sexuelle dont elle a été victime à l’âge de cinq ans. La recherche médicale à ce sujet en est encore à ses débuts, mais il semble qu’un traumatisme vécu dans l’enfance peut être à l’origine de souffrances physiques, et ce même lorsque l’on ne se souvient pas du traumatisme. Malheureusement, Mme Adam n’en était pas au bout de ses peines, car elle a reçu à 70 ans un diagnostic de dégénérescence corticobasale. Cette maladie dégénérative attaque à la fois les mouvements, l’équilibre et la mémoire. Elle est assez rare et ne connait aucun traitement.
Le diagnostic de dégénérescence corticobasale s’est doublé d’une crainte toute particulière pour la famille : que Louise Adam se retrouve une nouvelle fois aux prises avec ses terribles souvenirs, sans pouvoir cette fois s’en sortir. Pendant environ sept ans, les proches de Louise Adam l’ont vue mourir à petit feu. C’est cette épreuve qui a poussé Catherine Perrin à écrire un livre sur la vie de sa mère : elle ressentait le besoin de « compléter le casse-tête » de cette existence marquée par le traumatisme afin de mieux la comprendre, tout en soulignant la résilience de Mme Adam et en proposant des pistes pouvant aider d’autres personnes rencontrant des difficultés similaires.
Ainsi, dans son récit, Catherine Perrin mentionne aussi les sources de réconfort de sa mère au cours de sa vie. Par exemple, la foi religieuse était une dimension importante de la vie de Louise Adam, qui avait même, dans sa jeunesse, songé à la vie religieuse. Pour écrire au sujet de la foi de sa mère, Catherine Perrin s’est servie du journal intime de Mme Adam et de la correspondance de celle-ci avec le moine bénédiction Don Raoul Hamel. Le moine résidait à l’abbaye Saint-Benoît-du-Lac et Mme Adam était venue lui demander conseil, après quoi ils ont correspondu sur une base régulière pendant quelques années. Le père Hamel tenait en haute estime Mme Hamel, et l’encourageait à étendre sa culture et à s’épanouir en tant que femme. Pour compléter son chapitre sur la foi de sa mère, Catherine Perrin s’est aussi entretenue avec Sœur Claire Dumont, dont le rapport à la religion lui rappelait sa mère.
Pour Mme Perrin, l’écriture d’Une femme discrète était une façon de mieux comprendre la vie de sa mère, mais aussi de se débarrasser d’une colère contre la maladie et l’injustice. Pour certains de ses lecteurs, le récit reflète aussi leur propre vie ou celle de leurs proches, apportant quelques pistes de solutions. Surprise du grand nombre de témoignages qu’elle reçoit, Catherine Perrin s’émeut de constater que de nombreuses
personnes vivent des difficultés semblables à celles rencontrées par Louise Adam.
Quant à vous, chers lecteurs et lectrices, êtes-vous atteints ou connaissez-vous des personnes atteintes de maladies dégénératives? Avez-vous déjà connu un phénomène de mémoire retrouvée? Comment avez-vous réagi?
25 mars 2015 : J’ai fait la lecture du récit Une femme discrète. Cliquez ici pour en savoir plus!



Nous voici réunis en ce jour pour rendre un dernier hommage à La courte échelle.
Le mois dernier, j’ai organisé un
2 dollars et moins : Premières amours
C’est ainsi que j’ai acheté et lu Premières amours. Paru en 2008 à La courte échelle, ce recueil rassemble neuf nouvelles d’auteures différentes. J’ai obtenu pour 1,25$ le livre d’une valeur de 19,95$. Place aux histoires…
La nouvelle Sucti : Les lèvres de Mars de Mélikah Abdelmoumen est écrite à la première personne. La narratrice, Rio, est une Sucti, une humanoïde qui, à tous les mois, se nourrit d’êtres humains qu’elle séduit avant de les isoler pour les consommer. Âgée de quatorze ans et habitant le monde des hommes depuis quelques mois à peine, le vocabulaire de Rio est typique d’une adolescente sans être caricatural, et elle mélange quelques mots les uns avec les autres. Rio vit heureuse avec sa colocataire sucti, Daniella, jusqu’au jour où elle se rend compte que son amie ne mange plus : elle est tombée amoureuse d’un être humain…
Le recueil est parsemé d’illustrations de Julie Morstad (page 31)
La nouvelle Peggy, de la regrettée Nelly Arcan, a pour narratrice une femme qui revisite ses souvenirs d’adolescence, disant avoir été traumatisée par son amie Peggy. La nouvelle psychologique aborde les thèmes du vieillissement, de la beauté et du regard, récurrents dans l’œuvre d’Arcan.
Dans Señorita Sacha, de Myriam Beaudoin, la jeune Sacha, en vacances dans le sud, reçoit une mystérieuse lettre d’amour écrite en espagnol, accompagnée d’une rose. L’adolescente raconte comment son imagination s’emporte avant sa rencontre avec l’auteur de la lettre, puis dans quelles circonstances elle rencontre cet admirateur…
La nouvelle L’impatiente, de Fanny Brit, plonge immédiatement le lecteur ou la lectrice dans le flot ininterrompu des pensées de Justine, une adolescente pleine d’émotions qu’elle n’ose pas exprimer. Elle est amoureuse de son ami Philippe, lequel lui confie sa souffrance de ne plus être avec son ex-copine Rosalie. C’est dans la fiction, la musique et la poésie que se réfugie Justine, en attendant de vivre une relation amoureuse…
C’est sous la plume de Marie-Chantale Gariépy que prend vie Gabrielle, le personnage central et la narratrice de Vitriol Rose. Gabrielle est une adolescente pour qui l’amour est principalement une source de souffrances. Ellea mieux à faire que de s
‘en préoccuper : s’entraîner à la course à pied… jusqu’au jour où une blessure à la cheville la contraint à ralentir.
Quant à la narratrice de Cerises givrées, de Catherine Lalonde, elle passe ses après-midis avec Roumy, son amie de toujours. Ensemble, elles jettent des noyaux de cerises aux passants, jouent aux mannequins, regardent des films… Elle sont ensuite rejointes par leurs amies, avec lesquelles elle discutent rouges à lèvre et baisers romantiques. La narratrice a un secret : elle n’a encore jamais embrassé quelqu’un sur la bouche.
Dans la nouvelle Comment décrocher les cumulus, de Claudia Larochelle, une adolescente s’adresse à celui qu’elle a aimé, celui avec qui elle a passé tant d’heures au téléphones et tant de soirées, celui qui lui a caressé la poitrine, celui qui est mort sans jamais lui avoir dit « je t’aime ».
J’ai été un peu déçue par les six premières nouvelles que j’ai lues. Je sais que je ne corresponds pas exactement au public cible, lequel n’a pas ou peu d’expérience en amour, mais j’espérais quand même que certains problèmes ne trouveraient pas immédiatement une solution rose bonbon ou que certaines réflexions seraient plu
s profondes. L’excellente nouvelle de Claudia Larochelle vient de me réconcilier avec ce recueil. Enfin! il me reste encore deux récits à découvrir. Allons-y!
Première nouvelle de ce recueil à être écrite à la troisième personne, Sur les toits de Corinne Larochelle met en scène Mirabeau, une adolescente qui fantasme sur son professeur d’histoire et qui se réfugie sur les toits pour mieux s’abandonner à ses rêveries.
Finalement, Pas de romance pour Valentine, de Sophie Lepage, revient à la première personne pour raconter avec un ton comique comment Valentine s’invente une identité fictive pour séduire via Facebook l’élu de son cœur. C’est sur cette nouvelle bien amusante que se termine le recueil. Je n’ai pas trouvé tous les textes extraordinaires, mais bon! à cheval – presque – donné…