Jour de « congé » 3

Pour mon jour de « congé », je n’ai pas écrit de nouvelles scènes pour mon roman ni étoffé des scènes existantes : j’ai plutôt écrit trois différents résumés de ce que je vise comme produit final, pour un total de 1166 mots. J’avais ensuite différentes choses à gérer qui ont pris le restant de ma journée. Demain je prendrai également congé d’écriture pour aller faire une prise de sang puis me concentrer sur un certain nombre de démarches administratives que je dois compléter. À bientôt!

 

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Jour 10

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Plan du parc Maisonneuve

Pour ma dixième journée d’écriture, j’avais plusieurs obligations à gérer en priorité : ma matinée a été consumée par des appels téléphoniques, des courriels et des formulaires. L’après-midi, je me suis rendue à la bibliothèque Langelier pour y rejoindre Joël Casséus. Ayant terminé la lecture de Tandis que j’agonise de William Faulkner hier et de Harley Quinn, tome 1 : Complètement marteau ce matin, j’ai profité de ma présence à la bibliothèque pour emprunter Rue Sainte-Catherine Est, métro Beaudry de Denis-Martin Chabot.

Joël avait pris le temps de lire à plusieurs reprises quatre pages de mon tapuscrit. Il m’a donné quelques pistes de relecture. Il m’a également encouragée à mieux définir la thèse de mon roman en la résumant en quelques phrases (quatre au maximum) ou bien en rédigeant une quatrième de couverture (texte apparaissant au dos d’un livre).

Notre conversation m’a donné de l’inspiration. Je suis rentrée chez moi à pied, puis je me suis installée devant mon ordinateur, où j’ai écrit une scène et développé deux scènes existantes en m’inspirant du flux de conscience tel que Faulkner l’utilise dans Tandis que j’agonise.

Demain j’écrirai encore à l’ordinateur, je crois. Je verrai en temps et lieu. D’ici là, bonne nuit et bonne journée!

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Jour 9

img_0085_jour9Pour ma neuvième journée d’écriture, je suis une fois de plus partie marcher. Je suis allée à la bibliothèque Langelier à pied pour participer au deuxième atelier donné par Joël Casséus dans le cadre de sa résidence littéraire. Je suis passée par le parc Maisonneuve, où j’ai dîné, écrit une scène de 348 mots pour mon roman et poursuivi ma lecture de Tandis que j’agonise de William Faulkner.

Pendant l’atelier, dont le thème était cette semaine Le propre de l’écriture, nous avons discuté de ce qui différencie l’écriture littéraire de l’écriture journalistique ou ethnographique. Nous avons ensuite observé comment William Faulkner mêle description, dialogue, flux de conscience, retours dans le passés, etc, dans l’espace de quelques lignes. En voici un exemple dont nous avons parlé, mais tout d’abord, je résume l’histoire pour vous aider à suivre : l’action se déroule au Mississippi, en milieu rural, dans les années 1920 (environ). Addie Bundren, sachant qu’elle va mourir, fait promettre à son mari Anse Bundren de l’enterrer là où reposent ses parents, à plus de 40 miles (64 km) de la ferme Bundren. Lorsque Addie meurt, ses enfants, quatre garçons (Cash, Darl, Jewel et Vardaman) et une fille (Dewey Dell), ainsi que son mari Anse, chargent son cercueil sur une charrette et se mettent en route, mais de nombreux obstacles se dressent sur leur chemin alors que leur cellule familiale part à la dérive. Voici donc l’exemple promis (j’ai numéroté les paragraphes pour qu’il soit plus facile d’y référer ensuite) :

DEWEY DELL [ce titre annonce que Dewey Dell sera le personnage focal du chapitre]

[1] Le poteau indicateur apparaît. Il regarde la route maintenant parce que l’attente est possible. New Hope 3 miles. Il dira New Hope 3 miles. New Hope 3 miles, et alors la route commencera, tournant parmi les arbres, vide d’attente, disant New Hope 3 miles.

[2] Il paraît que ma mère est morte. Je voudrais bien avoir le temps de la laisser mourir. Je voudrais avoir le temps de le vouloir. C’est parce que dans la terre sauvage et violée trop tôt trop tôt trop tôt. Ce n’est pas que je ne voudrais pas, que je ne peux pas, mais c’est trop tôt trop tôt trop tôt.

[3] Voilà qu’il commence à le dire. New Hope 3 miles. New Hope 3 miles. C’est ce qu’on veut dire quand on parle du sein du temps : la douleur et le désespoir des os qui s’ouvrent, la dure gaine qui enserre les entrailles violées des événements Cash tourne lentement, la tête quand nous approchons ; sa figure pâle, vide triste, recueillie, inquisitrice, suit la courbe rouge et vide. Près de la roue arrière, Jewel, à cheval, regarde droit devant lui.img_0086_jour9

[4] La campagne coule des yeux de Darl. Ils errent pour fixer certains points. Ils commencent par mes pieds, montent le long de mon corps jusqu’à ma figure, et alors, ma robe a disparu. Je suis assise nue sur le siège, au-dessus des mules lentes, au-dessus du travail. Si je lui disais de tourner? Il fera ce que je voudrai. Vous savez bien qu’il fera ce que je voudrai. Un jour je me suis réveillée sentant un grand vide noir filer sous moi. Je ne pouvais pas voir. J’ai vu Vardaman se lever, aller à la fenêtre et planter le couteau dans le poisson. Le sang giclait, sifflant comme de la vapeur, mais je n’ai pas pu voir. Il fera ce que je lui dirai. Il le fait toujours. Je peux lui persuader de faire n’importe quoi. Vous le savez bien. Si je lui disais : tourne ici. C’est alors que je suis morte. Si je le faisais? Nous irions à New Hope. Nous n’aurions pas à aller à la ville. Je me suis levée et j’ai arraché le couteau du poisson tout ruisselant et qui sifflait encore et j’ai tué Darl.

[5] À l’époque où je dormais avec Vardaman une nuit j’ai eu un cauchemar j’ai rêvé que j’étais réveillée mais je ne pouvais pas voir et je ne pouvais pas sentir je ne pouvais pas sentir le lit sous moi et je ne pouvais pas penser qui j’étais je ne pouvais pas penser mon nom je ne pouvais même pas penser que j’étais une fille je ne pouvais pas penser que j’étais même pas penser je veux me réveiller ni me rappeler ce qui est le contraire de se réveiller afin de pouvoir le faire je savais qu’il se passait quelque chose mais je ne pouvais même pas penser au temps et puis tout à coup j’ai compris qu’il y avait quelque chose c’était le vent qui soufflait sur moi c’était comme si le vent était venu me ressouffler de là où il était et où je n’étais pas soufflant par la chambre et Vardaman endormi et tous les autres de nouveau sous moi et passant comme un morceau de soie douce frôlant mes jambes nues.

[6] En souffles frais il sort des pins, et gémit triste et continu New Hope. C’était 3 miles. C’était 3 miles. Je crois en Dieu je crois en Dieu.

[7] « Pourquoi que nous n’sommes pas allés à New Hope, papa? dit Vardaman. Mr. Samson a dit qu’on y allait, mais nous avons dépassé la route. » […]

couverture_tandisquejagonise_faulkner(FAULKNER, William. Tandis que j’agonise, traduit de l’américain par Maurice Edgar Coindreau. 1930 ; 1934 pour la traduction. Paris : Gallimard, collection « Folio » no. 307, 254 pages, pages 116 et 117)

Ainis on a droit des phrases descriptives,

Près de la roue arrière, Jewel, à cheval, regarde droit devant lui. (paragraphe 3)

du dialogue,

« Pourquoi que nous n’sommes pas allés à New Hope, papa? dit Vardaman. Mr. Samson a dit qu’on y allait, mais nous avons dépassé la route. » (paragraphe 7)

une scène fantasmée,

Je me suis levée et j’ai arraché le couteau du poisson tout ruisselant et qui sifflait encore et j’ai tué Darl. (paragraphe 4)

des retours dans le passé

À l’époque où je dormais avec Vardaman une nuit j’ai eu un cauchemar […] (paragraphe 5)

et même un flux de conscience!

À l’époque où je dormais avec Vardaman une nuit j’ai eu un cauchemar j’ai rêvé que j’étais réveillée mais je ne pouvais pas voir et je ne pouvais pas sentir je ne pouvais pas sentir le lit sous moi et je ne pouvais pas penser qui j’étais je ne pouvais pas penser mon nom je ne pouvais même pas penser que j’étais une fille je ne pouvais pas penser que j’étais […] (paragraphe 5)img_0081_jour8

Je vais essayer de prêter plus d’attention cette semaine à l’architecture de mes scènes. En attendant, il faudrait bien que je termine ce bilan! Donc : après l’atelier, je suis rentrée en passant par le parc Maisonneuve, où j’ai écrit une courte scène pour mon roman en plus de noter de multiples idées pour d’autres scènes.

Je rejoindrai Joël Casséus à la bibliothèque Langelier demain. En effet, je lui ai donné à lire, la semaine dernière, trois scènes que je venais d’écrire pour mon roman. Il pourra sans doute m’aider à trouver des pistes pour les retravailler.

Puisque je passerai ainsi deux après-midi consécutifs hors de chez moi, je vais faire exception à la règle que j’ai établie plus tôt et utiliser Internet demain matin car j’ai plusieurs démarches à faire auprès de mes assurances, mon employeur, etc. Cela me donnera également l’occasion de mettre à jour mon calendrier littéraire montréalais de septembre pour y inclure des événements qui viennent tout juste d’être annoncés.

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Jour 8

img_0083_jour8Pour ma huitième journée d’écriture, je suis restée chez moi. Je voulais avoir accès à toutes les scènes que j’ai écrites précédemment pour travailler à la structure de mon roman et écrire des scènes qui comblent des vides existant entre d’autres scènes. J’ai également passé une bonne partie de la journée à écrire des lettres.

En soirée, j’ai commencé la lecture du roman Tandis que j’agonise de William Faulkner en préparation pour le deuxième atelier donné par Joël Casséus, sur le thème Le propre de l’écriture. D’ailleurs, je retourne à ma lecture. À demain!

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Jour 7

kindle-785695Aujourd’hui, pour mon septième jour d’écriture, je me suis adonnée à un exercice de ma création : j’ai programmé hier sur mon téléphone cellulaire des alarmes aléatoires entre mon heure de lever (6h20) et mon heure de souper (19h30), avec un minimum de 20 minutes et un maximum de 80 minutes entre deux alarmes consécutives. Aujourd’hui, dès qu’une alarme se faisait entendre, je devais écrire un minimum d’une moitié de feuille mobile, m’inspirant de ce qui m’entourait à ce moment. Voici un résumé de ce que je faisais quand chaque alarme a retenti, et ce que j’ai écrit :

6h40. J’étais en train de me brosser les cheveux en lisant The Wonderful Wizard of Oz de Frank L. Baum. J’ai écris 163 mots comparant ma routine matinale à la séquence de démarrage d’un ordinateur. Il était 6h56 quand j’ai cessé d’écrire.

7h15. J’étais en train de me brosser les dents. J’ai écrit 105 mots au sujet du goût de menthe artificielle et de la sensation de propreté que procure le dentifrice, puis j’ai repris ma routine matinale à 7h25.

8h14. Je marchais sur la rue d’Iberville, vers le Sud. J’ai écris 164 mots au sujet du vent froid et humide, sans cesser de marcher. J’aime bien ce que j’ai écrit. Si je ne l’utilise pas img_0019_jour5dans mon roman, je le garderai pour une nouvelle. Il était 8h39 quand j’ai cessé d’écrire.

8h57. Je marchais sur la rue Sherbrooke, vers l’Ouest. Il ventait trop pour que je puisse écrire là où j’étais, donc je me suis abritée dans une cabine d’autobus. Là, j’ai écrit un bon moment à la première personne les aventures d’un homme qui part marcher, un matin, dans les rues de Montréal, et qui réalise combien ses pensées évoluent rapidement lorsque son téléphone cellulaire est hors de sa portée. Quand mon alarme suivante a sonné, à 9h26, j’étais toujours en train d’écrire. Lorsque j’ai repris ma marche, à 9h39, j’avais écrit 325 mots.

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Jean-Pierre Léaud dans Masculin féminin

10h34. J’étais au quatrième étage de la Grande bibliothèque et je lisais un article de Philippe Labro au sujet du tournage de Masculin féminin (voir mon bilan d’hier). Les trois grands ascenseurs de verre (aucun lien de parenté avec le roman de Roald Dahl) m’ont inspiré 117 mots sur la monotonie du travail d’ascenseur. J’ai repris à 10h56 la lecture de l’article de Labro.

11h11. J’étais en train de me choisir une table pour dîner à la Grande bibliothèque. Je me suis installée face à une jeune femme qui remplissait un cahier d’exercices. Je m’en suis inspirée pour créer le personnage principal d’une nouvelle de trois feuilles mobiles, que je n’ai pas encore eu le temps de taper à l’ordinateur. C’est écrit à la troisième personne et il y a une structure de nouvelle assez classique avec une situation initiale, un événement déclencheur, des péripéties et une chute, mais ce serait à retravailler si je voulais que ce soit réellement intéressant à lire. J’ai mangé en écrivant, terminant ma rédaction et mon dîner à 12h15.

12h52. J’étais sur un quai de métro à la station Berri-UQAM. J’ai inventé deux personnages, un père et une fille, dont j’ai raconté le voyage dans le métro à la troisième personne. Là encore, c’est une nouvelle complète, avec une chute. La nouvelle couvre trois feuilles mobiles; je la taperai à l’ordinateur demain. Mon alarme suivante a sonné pendant que je terminais mon écriture, à 14h02. J’étais alors assise à la table de la cuisine de mon appartement, ayant écrit pendant tout le trajet.

15h02. Je faisais du ménage dans ma chambre en visionnant Star Trek IV : The Voyage Home. J’ai écrit une demi page au sujet de l’ordre et du désordre,img_0066_jour7 revenant à mon ménage à 15h15 (je commençais à être trop fatiguée pour écrire plus longtemps).

16h22. J’ai dit plus tôt que j’avais programmé des alarmes à des heures aléatoires, de façon à ce qu’une durée maximale de 80 minutes s’écoule entre deux alarmes. Ainsi j’attendais cette alarme au moment où elle a sonné. J’étais assise dans la cuisine de mon appartement et j’ai écrit au sujet de l’apparence de la cuisine et des relations amoureuses, m’arrêtant à 16h31 faute d’énergie et d’inspiration.

17h06. Je faisais du ménage dans ma chambre, toujours en poursuivant le visionnement de Star Trek IV : The Voyage Home. J’ai écrit une demi page, à la troisième personne, au sujet d’un personnage féminin qui écoute les passants par sa fenêtre et tente de s’imaginer leur apparence physique. J’ai terminé d’écrire à 17h21.

17h56. Je venais de créer un document texte où consigner ce que j’ai écrit lors de mes différentes séances d’écriture de la journée. J’ai écrit, à la troisième personne, une demi page au sujet d’un homme profondément ennuyant. J’ai cessé d’écrire à 18h12.

19h05. J’étais en train de préparer mon souper et beaucoup trop fatiguée pour écrire ; j’ai laissé faire.

C’était une expérience plutôt intéressante d’écrire ainsi, sur commande, à différents moments de la journée et en différents endroits. Je suis à la fois heureuse et fatiguée de l’avoir faite. Enfin! je vous laisse. C’est bientôt l’heure de dormir.

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