
Hélène Girard, éditrice, présentant Marie-Sissi Labrèche et Stéphane Rivard
C’est ce soir qu’a eu lieu le lancement de La vie sur Mars, le nouveau roman de Marie-Sissi Labrèche. Après quelques mots d’Hélène Girard, l’éditrice, puis de Stéphane Rivard, l’organisateur de l’événement, l’assistance a pu découvrir La vie sur Mars grâce à deux extraits lus par des comédiens.
Dans l’histoire, le personnage de Neil fait la lecture, en 2035, des textes écrits en 2009 par sa mère lors de sa grossesse. Le comédien Sébastien Huberdeau a choisi de lire un extrait du roman correspondant à une partie de ce journal de grossesse. Dans l’extrait, écrit à la première personne, la mère s’adresse à son enfant à naître et lui raconte comment elle a rencontré son père, qu’elle appelle « le cosmonaute », soulignant comment, le soir de la rencontre, elle ne parvenait pas à se souvenir de son nom.

Marie-Charlotte Aubin au micro
De son côté, la comédienne Marie-Charlotte Aubin a choisi un extrait lui aussi à la première personne, mais cette fois au présent plutôt qu’au passé. Dans l’extrait, dont l’humour était magnifiquement mis en valeur par Marie-Charlotte Aubin, le personnage de Fédora, la mère de Neil, se plaint des différents changements que subit son corps. Ainsi, elle rapporte : « Mes seins sont immenses. Bientôt ils auront le droit de vote. » Fédora exprime également son intention d’écriture, résumée dans cette phrase : « En fait, je te prépare un album photo mais avec des mots. »
Après ces deux lectures, Stéphane Rivard a questionné Marie-Sissi Labrèche au sujet de son roman. L’auteure, reconnue pour sa plume trash, se serait-elle adoucie? Mère depuis quatre ans et demi, elle explique en riant que ce n’est pas pareil d’écrire en entendant des chansons pour enfants et qu’elle a vieilli depuis l’écriture de ses précédentes œuvres. « C’est tellement demandant, un bébé, que tu ne t’appartiens plus. Pendant longtemps, j’étais convaincue que je ne pourrais pas mélanger les deux. Ma vision de l’écriture était celle de Balzac qui écrit dans sa mansarde, les pieds dans l’eau et en train de crever de faim. Pendant longtemps, la littérature a été pour moi une questio
n de vie ou de mort. Avant chaque sortie de livre, je devenais dépressive, parce que j’y avais mis tout ce que j’avais. Avec celui-là, je suis moins happée psychologiquement. Il y a plus d’humour. L’enjeu n’est pas le même, » a déclaré l’écrivaine lors d’une entrevue accordée à Samuel Larochelle du Huffington Post.
Où classer ce nouvel objet littéraire, donc? Marie-Sissi Labrèche admet volontiers se servir de sa propre vie comme matière première, déclarant : « Moi, je suis une auteure écologique : je recycle toute! ». Toutefois, son texte est trop éloigné de la réalité pour être une auto-fiction. L’histoire se déroulant en 2035, le roman contient plusieurs éléments de science-fiction, sans pour autant appartenir au genre lui-même. Ce sont « juste des clins d’œil », note l’auteure. En fait, La vie sur Mars est avant tout le récit d’une relation entre mère et fils.
Je vous laisse sur quelques photographies que j’ai prises lors du lancement :
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L’héritage d’Edgar Jacobs, de René Sterne et de Judas
J’adore la série de bandes dessinées Blake et Mortimer d’Edgar Jacobs, sa narration abondante, ses dessins détaillés, ses personnages récurrents… Malgré le décès de l’auteur, la série reste bien vivante. En effet, différents scénaristes et dessinateurs continuent de mettre en scène Blake, Mortimer et Olrik dans de nouvelles aventures.
Des membres de l’organisation criminelle à laquelle s’opposent nos amis scientifiques (page 39)
À la lecture des premières pages, on a tendance à avoir l’impression que quelque chose ne va pas dans le dessin et à remarquer chacune des différences avec le style d’Edgar Jacobs, mais le plaisir de lire prend rapidement le dessus et on remarque même des différences positives. Par exemple, alors que l’œuvre de Jacobs publiée à partir des années 1940, manque cruellement de personnages féminins, La malédiction des trente deniers accorde une grande importance au personnage d’Eleni Philippidès, docteure en archéologie. Elle est pleine de ressources, mène des recherches approfondies, traduit l’araméen et interroge des témoins.
Je dois avouer que je préfère encore les bandes dessinées écrites et illustrées par Jacobs à celle-ci, mais c’est tout de même un plaisir de lire La malédiction des trente deniers. C’est très difficile de reprendre le travail d’un artiste sans décevoir : il faut apporter quelque chose de nouveau à son œuvre tout en lui restant fidèle. C’est vrai non seulement par rapport à Jacobs, mais aussi par rapport à René Sterne. En effet, le dessinateur est décédé avant d’avoir terminé son ouvrage, et c’est sa compagne, Chantal De Spiegeleer, qui a achevé le travail.
(page 35)
Les découvertes archéologiques au centre de l’intrigue incluant des manuscrits au sujet de Judas et un denier susceptible de lui avoir appartenu, l’histoire prend une dimension spirituelle et il est intéressant de voir comment les différents personnages sont influencés par leurs croyances.
Bien sûr, comme dans tout Blake et Mortimer, c’est une histoire d’action et d’aventure, et nos héros sont bientôt capturés par leurs adversaires… J’ai hâte de découvrir ce que leur réserve le second tome…