Calendrier littéraire – spécial Laval et Sainte-Adèle : octobre 2014

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Edgar Gousse lors d’une rencontre littéraire à Montréal en septembre 2014

Comme je tiens un calendrier littéraire montréalais, une lectrice du blogue m’a suggéré de parler de quelques activités ayant lieu un peu plus au nord. Voici donc quelques activités gratuites ou à contribution volontaire qui auront lieu à Laval et à Sainte-Adèle d’ici au 31 octobre.

Mardi 14 octobre : Discussion sur l’éducation (Laval)

Lundi 20 octobre : Place aux auteurs adélois (Sainte-Adèle)

Mardi 21 octobre : Rendez-vous avec Claudia Larochelle (Laval)

Mercredi 22 octobre : Mise en mots et mise en bouche (Sainte-Adèle)

Vendredi 24 octobre : Le Marché des mots (Laval)

Si vous êtes au courant d’autres événements, n’hésitez pas à les mentionner dans un commentaire pour en faire profiter d’autres lecteurs!

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L’héritage d’Edgar Jacobs, de René Sterne et de Judas

J’adore la série de bandes dessinées Blake et Mortimer d’Edgar Jacobs, sa narration abondante, ses dessins détaillés, ses personnages récurrents… Malgré le décès de l’auteur, la série reste bien vivante. En effet, différents scénaristes et dessinateurs continuent de mettre en scène Blake, Mortimer et Olrik dans de nouvelles aventures.

CouvertureMaledictionTrenteDeniersAinsi, le premier tome de La malédiction des trente deniers, de Jean Van Hamme, René Sterne et Chantal De Spiegeleer, raconte comment le professeur Mortimer et deux archéologues grecs se retrouvent en compétition avec une dangereuse organisation criminelle pour découvrir les secrets entourant de la fin de la vie de l’apôtre Judas ainsi que l’emplacement des deniers qu’il aurait reçu en paiement de sa trahison envers Jésus de Nazareth.

 

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Des membres de l’organisation criminelle à laquelle s’opposent nos amis scientifiques (page 39)

À la lecture des premières pages, on a tendance à avoir l’impression que quelque chose ne va pas dans le dessin et à remarquer chacune des différences avec le style d’Edgar Jacobs, mais le plaisir de lire prend rapidement le dessus et on remarque même des différences positives. Par exemple, alors que l’œuvre de Jacobs publiée à partir des années 1940, manque cruellement de personnages féminins, La malédiction des trente deniers accorde une grande importance au personnage d’Eleni Philippidès, docteure en archéologie. Elle est pleine de ressources, mène des recherches approfondies, traduit l’araméen et interroge des témoins.

 

Je dois avouer que je préfère encore les bandes dessinées écrites et illustrées par Jacobs à celle-ci, mais c’est tout de même un plaisir de lire La malédiction des trente deniers. C’est très difficile de reprendre le travail d’un artiste sans décevoir : il faut apporter quelque chose de nouveau à son œuvre tout en lui restant fidèle. C’est vrai non seulement par rapport à Jacobs, mais aussi par rapport à René Sterne. En effet, le dessinateur est décédé avant d’avoir terminé son ouvrage, et c’est sa compagne, Chantal De Spiegeleer, qui a achevé le travail.

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(page 35)

Les découvertes archéologiques au centre de l’intrigue incluant des manuscrits au sujet de Judas et un denier susceptible de lui avoir appartenu, l’histoire prend une dimension spirituelle et il est intéressant de voir comment les différents personnages sont influencés par leurs croyances.

Bien sûr, comme dans tout Blake et Mortimer, c’est une histoire d’action et d’aventure, et nos héros sont bientôt capturés par leurs adversaires… J’ai hâte de découvrir ce que leur réserve le second tome…

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Calypso

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Revoir l’éphémère et Calypso, les plus récents ouvrages de Claude Drouin

En septembre dernier, j’ai eu le plaisir d’assister au lancement des deux plus récents ouvrages de l’écrivain lavallois Claude Drouin et j’ai écrit un article à ce sujet. J’ai ensuite reçu un beau cadeau par la poste : un exemplaire autographié de chacun des ouvrages. Merci M. Drouin!

C’est ainsi que, ce matin, j’ai lu Calypso ou les Tourments d’Ulysse, court roman relatant les répercussions d’une attirance physique pour une adolescente, et d’un jeu avec elle, sur la vie d’un enseignement dans la quarantaine. Le personnage central, Louis Morin, est déjà apparu dans d’autres textes de Claude Drouin, de même que le personnage de François Breton, qui n’intervient pas dans l’histoire mais auquel est attribuée la rédaction de Calypso.

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À Emerance, Une autre façon de raconter la vie en touchant du bout des mots des thèmes qui méritent plus. Claude 16 septembre 2014

Le début du roman explique dans quelles circonstances Louis Morin, enseignant, et Calypso, adolescente de quatorze ans, participent à un jeu dans lequel il se questionnent à tour de rôles, chacun devant répondre à chaque question de son adversaire en pouvant mentir qu’une fois. Le reste de la scène est révélé petit à petit au fil du roman, entrecoupé de scènes ultérieures.

Le jeu avec Calypso, le départ à la retraite, le deuil de Déso, le perfectionnisme, les histoires de poursuite, tout s’entremêle au sein du complexe personnage de Louis Morin, sans pour autant qu’on sente que quoi que ce soit est précipité. Claude Drouin, lui-même enseignant à la retraite, maîtrise bien son personnage.

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Claude Drouin, poète, et sa compagne Monique Sauvé, photographe

Le jeu auquel s’adonnent Louis Morin et Calypso a quelque chose de poétique et philosophique, tout en apportant un fil conducteur et un peu de suspense à ce roman à la chronologie bouleversée.

Calypso est une lecture courte et agréable parsemée de petites perles, comme celle-ci par exemple : « Il avait toujours eu l’intention d’enseigner jusqu’à un âge vénérable, mais il battait plutôt en retraite à un âge vulnérable ! »(Calypso, page 8)

À bientôt pour un compte-rendu de Revoir l’éphémère, le poétique carnet de voyage de Claude Drouin!

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La vie sur Mars

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Hélène Girard, éditrice, présentant Marie-Sissi Labrèche et Stéphane Rivard

C’est ce soir qu’a eu lieu le lancement de La vie sur Mars, le nouveau roman de Marie-Sissi Labrèche. Après quelques mots d’Hélène Girard, l’éditrice, puis de Stéphane Rivard, l’organisateur de l’événement, l’assistance a pu découvrir La vie sur Mars grâce à deux extraits lus par des comédiens.

Dans l’histoire, le personnage de Neil fait la lecture, en 2035, des textes écrits en 2009 par sa mère lors de sa grossesse. Le comédien Sébastien Huberdeau a choisi de lire un extrait du roman correspondant à une partie de ce journal de grossesse. Dans l’extrait, écrit à la première personne, la mère s’adresse à son enfant à naître et lui raconte comment elle a rencontré son père, qu’elle appelle « le cosmonaute », soulignant comment, le soir de la rencontre, elle ne parvenait pas à se souvenir de son nom.

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Marie-Charlotte Aubin au micro

De son côté, la comédienne Marie-Charlotte Aubin a choisi un extrait lui aussi à la première personne, mais cette fois au présent plutôt qu’au passé. Dans l’extrait, dont l’humour était magnifiquement mis en valeur par Marie-Charlotte Aubin, le personnage de Fédora, la mère de Neil, se plaint des différents changements que subit son corps. Ainsi, elle rapporte : « Mes seins sont immenses. Bientôt ils auront le droit de vote. » Fédora exprime également son intention d’écriture, résumée dans cette phrase : « En fait, je te prépare un album photo mais avec des mots. »

Après ces deux lectures, Stéphane Rivard a questionné Marie-Sissi Labrèche au sujet de son roman. L’auteure, reconnue pour sa plume trash, se serait-elle adoucie? Mère depuis quatre ans et demi, elle explique en riant que ce n’est pas pareil d’écrire en entendant des chansons pour enfants et qu’elle a vieilli depuis l’écriture de ses précédentes œuvres. « C’est tellement demandant, un bébé, que tu ne t’appartiens plus. Pendant longtemps, j’étais convaincue que je ne pourrais pas mélanger les deux. Ma vision de l’écriture était celle de Balzac qui écrit dans sa mansarde, les pieds dans l’eau et en train de crever de faim. Pendant longtemps, la littérature a été pour moi une questioLe lancementn de vie ou de mort. Avant chaque sortie de livre, je devenais dépressive, parce que j’y avais mis tout ce que j’avais. Avec celui-là, je suis moins happée psychologiquement. Il y a plus d’humour. L’enjeu n’est pas le même, » a déclaré l’écrivaine lors d’une entrevue accordée à Samuel Larochelle du Huffington Post.

Où classer ce nouvel objet littéraire, donc? Marie-Sissi Labrèche admet volontiers se servir de sa propre vie comme matière première, déclarant : « Moi, je suis une auteure écologique : je recycle toute! ». Toutefois, son texte est trop éloigné de la réalité pour être une auto-fiction. L’histoire se déroulant en 2035, le roman contient plusieurs éléments de science-fiction, sans pour autant appartenir au genre lui-même. Ce sont « juste des clins d’œil », note l’auteure. En fait, La vie sur Mars est avant tout le récit d’une relation entre mère et fils.

Je vous laisse sur quelques photographies que j’ai prises lors du lancement :

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Edgar Gousse, à la croisée des Amériques

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Georges Hélal et Edgar Gousse

Enseignant, poète, romancier, essayiste, critique littéraire et éditeur, Edgar Gousse affirme se soumettre au diktat de la littérature, écrire par obligation, pour ne pas étouffer, ce qui explique peut-être pourquoi il est si prolifique.

C’est dans le cadre d’une soirée organisée par l’EFA (les Écrivains francophones d’Amérique) que, mardi le 30 septembre dernier, l’écrivain est allé à la rencontre de ses lecteurs.

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Le comptoir du Café de Da, où avait lieu la rencontre

Après avoir été présenté par Georges Hélal de l’EFA, M. Gousse a entamé la lecture d’extraits de son recueil de poésie inédit Je ne danse qu’avec des femmes nues. Les poèmes érotiques, en appelant à chacun des cinq sens, ont plongé l’assistance dans une atmosphère de contemplation. Comme hypnotisés par la voix de l’écrivain, les spectateurs sont restés suspendus à ses lèvres jusqu’à la fin de la lecture, qui s’est suivie de citations et de réflexions au sujet de l’écriture, des critiques littéraires et de la figure de l’écrivain. La voix d’Edgar Gousse est si envoûtante que, comme l’ont fait remarquer plusieurs personnes présentes, l’on prendrait plaisir à l’entendre réciter une liste d’épicerie.

PublicEGousseC’est dans une ambiance amicale que l’auteur a ensuite répondu aux questions de l’assistance, questions dont la pertinence et la finesse étaient la preuve que chacune des syllabes précédemment prononcée par M. Gousse avait été assimilée. À travers ses réponses, l’écrivain s’est révélé un peu plus.

Par exemple, il a expliqué son rapport très différent à ses romans et à ses poèmes. Selon lui, pour écrire un roman comme les siens, « il suffit d’ouvrir les yeux, le matériau est là. » Quand à ses poèmes, il les perçoit comme l’aboutissement d’une attente douloureuse.

Né en Haïti mais ayant vécu aussi bien à Montréal qu’en Amérique latine, Edgar Gousse écrit en trois langues : le créole, le français et l’espagnol. Interrogé sur son rapport à ses différentes langues d’écriture, il affirme que si le créole est la racine et le français la langue d’usage, son rapport à l’espagnol est plus sentimental. Pour lui, c’est « une belle femme dans un lit bien fait. »

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Edgar Gousse et moi

Après cette période de questions, Edgar Gousse a terminé la soirée en lisant un extrait de son roman Ne dites pas à ma mère que je suis une salope. De son propre aveu, ce n’est pas son meilleur texte, mais les chaleureuses intonations de sa voix ont donné à la scène entre les deux fiancés une dimension nouvelle.

C’était une très belle rencontre d’auteur et j’ai passé une excellente soirée. J’espère avoir la chance de participer aux prochaines activités de l’EFA. D’ici là, je vous invite à consulter régulièrement mon calendrier pour vous tenir au courant des événements littéraires gratuits ayant lieu à Montréal.

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