Emerancega.com fête son centième article !

100-3Cet article est le centième que je publie sur ce blogue, ce qui mérite bien un palmarès des articles les plus lus et des textes littéraires les plus téléchargés ainsi que des mots-clés de recherche ayant mené les internautes à les lire.

Mon article le plus lu est l’un des premiers que j’ai publiés : La fierté au féminin. Il s’agit du compte-rendu d’une présentation de Chloé Robichaud et de Florence Gagnon au sujet de la websérie qu’elles ont créée, Féminin/Féminin.

Mon deuxième article le plus lu est Le Café des Arts, qui décrit cette galerie d’art en plein air ainsi que les œuvres qui y était présentées cette année.

DesautelsetBlais

Denise Desautels et Geneviève Blais

Quant à mon troisième article le plus lu, Deux poètes et une absente, il s’agit du compte-rendu d’une soirée mettant en vedette les poètes Geneviève Blais et Denise Desautels ainsi que l’œuvre d’Anna Akhmatova.

Du côté de mes textes littéraires, le plus téléchargé est une nouvelle, Chercher Sophie. Viennent ensuite deux textes très courts (moins d’une page chacun) : Excuse et Matinale.

Finalement, voici quelques mots-clés de recherche ayant récemment mené des internautes vers ce blogue (transcrits tels quels, fautes d’orthographe comprises) :

  • elles lisent avec un vibro
  • emerancega
  • webseries comme feminin/feminin
  • lecture avec vibro
  • installation son scene ronde
  • la vie sur mars en 2035
  • qu`est-il arrive a la maion d`édition dela courte échelleClaviertouche2
  • garcon avec un vagin
  • est ce vrais des transexuel avec penis et vagin
  • mon frère et un garçon avec un vagin
  • emérance gascon afriat
  • conte satirique
  • bande dessinée «un chant dans la nuit»

À très bientôt pour le numéro 101…

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Calendrier littéraire montréalais : décembre 2014

Voici un petit calendrier des événements littéraires pour adultes gratuits ou à contribution volontaire qui auront lieu à Montréal au mois de décembre. Cette page sera régulièrement mise à jour afin de vous informer des événements futurs au fur et à mesure qu’ils seront annoncés.

Lundi 1er décembre : Lancement : Marie-Ève Bouchard

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Claudia Larochelle et Mylène Paquette lors d’une causerie en novembre

Mardi 2 décembre : Double lancement de poésie de l’Oie de Cravan ; Causerie avec Geneviève Pettersen

Mercredi 3 décembre : Anthologie diasporeuse ; Cercle de lecture de la Librairie Monet

Jeudi 4 décembre : Causerie : La traduction et son impossibilité

Vendredi 5 décembre : L’invention de la littérature hébraïque à la fin du XIXe siècle: comment produire des œuvres populaires dans une langue non-parlée

Samedi 6 décembre : Rencontre avec Loisel et Tripp

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Michel Tremblay après une causerie en novembre

Dimanche 7 décembre : José Acquelin

Mardi 9 décembre : Antoni Clapés

Mercredi 10 décembre : Histoire (de ma) d’une vie : Aharon Appelfeld

Jeudi 11 décembre : Double causerie avec les éditions Nota Bene

Samedi 13 décembre : Ronfard

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Survivre ! Survivre !

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Louise Latraverse et Michel Tremblay

Pour célébrer la parution de son plus récent roman, Survivre ! Survivre !, Michel Tremblay a été à la rencontre de ses lecteurs vendredi dernier à la librairie Paulines. Son amie, la comédienne Louise Latraverse, animait la soirée.

Survivre! Survivre! est le huitième tome de la Diaspora des Desrosiers. On y retrouve donc de nombreux personnages. L’action se déroule en 1935. Adolescente au début de la série, Nana (Rhéauna/la grosse femme) a maintenant trente-cinq ans et deux enfants. Quant à Laura Cadieux, qui n’était même pas née dans les premiers tomes de la série, elle vient d’atteindre l’âge de seize ans.

« Quand j’étais petit, on me disait que j’était un espion, que j’espionnait, » se souvient Michel Tremblay, racontant comment il suivait parfois des gens dans la rue ou même dans un autobus, les observant en tentant de leur imaginer une vie. Un peu de la même façon, ses personnages, souvent inspirés de personne réelles, ont d’abord été des adultes. C’est ensuite, en les rajeunissant, qu’il leur a inventé un passé pouvant expliquer leur présent. Ainsi, en écrivant un passé à Nana, la version fictive de sa mère, il s’éloigne de plus en plus de la personne réelle ayant servi d’inspiration. « Je vais avoir réinventé ma mère, » dit-il, théorisant : « c’est peut-être pour lui rendre ce qu’elle m’a donné. »SurvivreSurvivre

Même s’il veut montrer l’évolution de ses personnages à travers la Diaspora des Desrosiers, Michel Tremblay s’assure que chacun de ses romans puisse être lu individuellement. Il accorde beaucoup d’importance à la façon dont il replace chaque personnage et décrit ses relations aux autres. Il veut que tout soit clair pour les lecteurs étrangers à son univers, sans pour autant donner l’impression d’une répétition à ceux qui ont lu les sept tomes précédents. Il s’inspire des écrivains du XIXe siècle, comme Balzac et Zola, qu’il considère comme des modèles dans l’art de décrire les choses de différentes manières.

Michel Tremblay est un grand consommateur de culture. Sa relation aux œuvres de fiction est d’ailleurs assez émotive. « Quand j’étais jeune, j’avais de la difficulté à accepter que quelqu’un n’ai pas aimé Jules Verne, » affirme-t-il. Encore aujourd’hui, c’est toujours avec passion qu’il parle, positivement ou négativement, des pièces de théâtre qu’il a vues et des livres qu’il a lus.

Il a aussi quelques idées bien précises au sujet de sa propre écriture. Par exemple, il est fier de n’avoir employé d’incises (par exemple : « dit-il ») dans aucun de ses romans, peut-être une influence du théâtre sur son écriture. Il explique également qu’il accorde une grande LatraverseTremblay3importance à la séparation entre la langue du narrateur et celle des dialogues, car celle-ci permet à l’œil d’« entendre » une différence entre les deux. Il souligne qu’il écrit toujours parce qu’il a encore quelque chose à dire, et il perçoit comme une forme de trahison le fait d’écrire sans message, simplement pour le succès ou l’argent. « Je vais être très malheureux, mais le jour où je n’aurais plus rien à dire, je vais me taire, » affirme-t-il.

Heureusement, des choses à dire, il lui en reste beaucoup! Par exemple, il considère que les sociétés et les religions « ont été fondées par les hommes, pour les hommes, contre les femmes, » et que la littérature se doit de défendre les femmes.

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Dédicace de Michel Tremblay

Amie de longue date de Michel Tremblay, la comédienne Louise Latraverse est une grande admiratrice de son œuvre. « Je crois que j’ai vu tout son théâtre, dit-elle. […] J’ai été tellement bercée, bouleversée, tout ce que vous voulez, par ses personnages, par son théâtre ! » On sent que Tremblay et Latraverse sont à l’aise ensemble, ce qui crée une ambiance sympathique dans la salle, encourageant les personnes présentes à s’exprimer au micro et à poser leurs questions à ce monument de la littérature québécoise qu’est Michel Tremblay (d’ailleurs, Louise Latraverse confie qu’en l’absence de l’écrivain, ses amis le surnomment « Le Monument »).

Et le plaisir n’est pas terminé! Personnellement, j’ai la chance d’avoir reçu en cadeau un exemplaire Survivre ! Survivre ! (merci Maman!), que j’ai bien hâte de lire. Quant à vous, cher lecteurs, je vous invite à consulter mon calendrier littéraire montréalais pour vous tenir au courant des prochains événements littéraires!

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Danielle Shelton au Café de Da

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Danielle Shelton

Mardi dernier, j’ai eu la chance d’assister à un rendez-vous littéraire avec Danielle Shelton, écrivaine, éditrice, graphiste, artiste en arts visuels et productrice d’événements culturels. Très impliquée dans la communauté littéraire, elle est la directrice générale de son propre organisme de diffusion, Adage, mais aussi de la Fédération québécoise du loisir littéraire ainsi que de la Société littéraire de Laval.

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Lecture de Diane Robert

Dans un discours très dense, dont chaque phrase était travaillée comme dans un de ses textes littéraires Danielle Shelton a retracé son enfance, son adolescence et son parcours professionnel. C’était très agréable à écouter, mais c’était si dense qu’il m’était difficile de retenir tout ce dont j’aurais voulu me souvenir. C’était plutôt frustrant de sentir qu’il y avait là quelque chose d’intéressant, mais que je ne pouvais pas le saisir car je n’avais pas le temps d’entièrement l’assimiler. L’impression que je garde du discours de Danielle Shelton est celle qu’elle s’est essayée à tout : elle a été majorette, pianiste, joueuse d’échecs et collectionneuse d’insectes pendant son adolescence, et a continué à mener des projets variés à l’âge adulte, du scénario de téléroman au roman érotique.

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Lecture de Françoise Belu

Pour nous présenter son roman érotique, Quatre nuits, quatre matins, jamais publié dans son intégralité, Danielle Shelton nous en a lu quelques extraits, toujours accompagnés d’explications, car les personnages ont tous des surnoms en plus de leur nom, sans compter que la narration passe de la première à la troisième personne sans changer de personnage focal, un peu comme dans Kamouraska d’Anne Hébert.

Quels qu’aient été ses projets, Danielle Shelton semble s’y être jetée corps et âme, à chaque fois. Ainsi, alors qu’elle était l’éditrice de Maxime Lejeune pour son roman Zacharie, dont l’action se déroule au Maroc, elle a vérifié, sur place, les horaires de trains, l’apparence des pompons dans les taxis et mille autre détails, une expérience qu’elle a beaucoup appréciée mais qui a représenté pour elle de nombreuses heures de bénévolat, ce qui n’était pas très rentable…

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Lecture de Lisa Carducci

Danielle Shelton a dynamisé sa présentation en invitant d’autres auteurs à lire leurs propres œuvres, publiés chez Adage ou dans le cadre de l’un ou l’autre des projets de Shelton. Ainsi, Lisa Carducci a lu sa nouvelle Taxi, qui témoigne d’une rencontre faite dans un taxi en Chine. Quant à Diane Robert, elle a lu quelques poèmes et extraits de poèmes diffusés dans les transports en commun de Montréal, Laval, Paris et Bruxelles dans le cadre du projet La poésie prend le métro et le bus. Pour présenter le projet commun d’exposition du jubilé de la reine, Françoise Belu a lu un de ses poèmes. R A Warren a fait la lecture de La chemise texane, nouvelle que Danielle Shelton a écrit au sujet d’une chemise qu’il portait. La soirée aurait pu continuer longtemps, mais le Café de Da DanielleSheltonTablefermait…

C’était une excellente soirée et tous sont ressortis avec le sourire… ainsi qu’avec des livres gracieusement offerts par Danielle Shelton!

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Du pouvoir d’évocation des photographies anciennes

RansomRiggsPeregrine13Certains collectionneurs peuvent passer des heures à trier et à organiser des photographies anciennes trouvées dans un grenier poussiéreux ou achetées par centaines au marché aux puces. Certaines de ces photographies sont pour le moins étranges, aussi peut-on se demander pourquoi, à une époque où les photographies étaient assez coûteuses, elles ont été prises et conservées. D’autres photographies séduisent les collectionneurs grâce aux illusions d’optique qu’elles produisent ou par la beauté de leur flou.

RansomRiggsPeregrine1Pour écrire son roman Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children (Riggs, Ransom. Miss Peregrine et les enfants particuliers. 2012. Traduction française de Sidonie Van den Dries. Paris : Bayard, 438 pages. Pour la suite de cet article, les lettres MP feront référence à cet ouvrage.), Ransom Riggs s’est donc inspiré de plusieurs photographies anciennes. Ces images font d’ailleurs partie intégrante du livre : elles sont directement mentionnées dans le texte comme ayant été trouvées ou conservées par les personnages de l’histoire, et elle font office d’illustrations tout au long du roman. La présentation physique du livre, soignée tant au niveau des couleurs que de la typographie et de la mise en page, les intègre parfaitement. Le style vieillot de la présentation ainsi que les photographies anciennes sont un rappel constant des thèmes centraux du roman : l’héritage familial et la définition de son identité à travers cet héritage.

RansomRiggsPeregrine8Le personnage central et narrateur du roman, Jacob Portman, est un adolescent américain très proche de son grand-père paternel. Il commence son récit en expliquant comment, dans son enfance, il s’abreuvait des paroles de son grand-père, qui aimait tout particulièrement lui raconter ses aventures à l’orphelinat qui l’avait recueilli pendant la Seconde Guerre mondiale, un orphelinat destiné aux enfants… particuliers.

« – Particuliers comment ?
« – Oh, chacun à sa manière… Il y avait une fillette capable de voler, un garçon qui abritait des abeilles vivantes dans son ventre, des frère et sœur si fort qu’ils pouvaient soulever d’énormes rochers au-dessus de leur tête. »

MP, page 10

Enfant, Jacob ne se lassait jamais des histoires de son grand-père et regardait avec admiration les photographies de ses amis les orphelins particuliers. Il rêvait de découvrir un jour cette fabuleuse maison où ils vivaient, ce faucon fumant la pipe qui veillait sur eux…

En grandissant, Jacob a cessé de croire aux récits de son grand-père, mais a toujours conservé une grande tendresse pour ce juif polonais survivant de la Seconde Guerre mondiale. RansomRiggsPeregrine11Quant au vieillard, il est devenu de plus en plus paranoïaque, croyant lui-même à l’existence des monstres de ses histoires et téléphonant aux membres de sa famille pour qu’ils lui rendent la clé de son cabinet d’armes à feu. Un jour, son fils, inquiet, demande à Jacob, qui a alors près de 16 ans, de se rendre à la résidence du vieil homme pour s’assurer de son bien-être.

S’étant rendu chez son grand-père accompagné d’un ami, Jacob pousse la porte pour découvrir que son grand-père a tout retourné avant de sortir par la porte arrière. Suivi de son ami, Jacob entre dans le bois situé derrière la maison, retrouvant rapidement son grand-père, armé d’un coupe-papier et couvert de sang. Mourant, le Polonais adresse à son petit-fils ces énigmatiques mots avant de s’éteindre :

« – Va sur l’île [de l’orphelinat], Yakob [prononciation polonaise de « Jacob »]. Tu n’es pas en sécurité. […]
« – Trouve l’oiseau. Dans la boucle. De l’autre côté de la tombe du vieux. Le 3 septembre 1940. […]
« – Emerson. La lettre. Raconte-leur ce qui est arrivé, Yakob. »

MP, pages 38 et 39

Jacob pourrait croire qu’il ne s’agit là que de paroles délirantes, mais la suite des événements lui fait remettre en question ce qu’il croit savoir de la réalité :

« Il n’y avait pas de lune et rien ne bougeait dans le sous-bois. Pourtant, de façon inexplicable, j’ai su exactement à quel moment lever ma lampe torche et où la braquer. Et là, dans ce mince rayon de lumière, j’ai aperçu un visage tout droit sorti des cauchemars de mon enfance. Le monstre m’a rendu mon regard; ses yeux nageaient dans des fossés pleins d’un liquide sombre, des lambeaux de chair noire pendaient sur la carcasse voûtée. Sa bouche ouverte, grotesque, laissait échapper un faisceau de langues interminables, qui se tortillaient comme des anguilles. J’ai hurlé. La créature a fait volte-face et disparu dans les fourrés. Le bruit a alerté Ricky, qui a levé le canon de sa 22 et tiré : pap! pap! pap! pap!

MP, page 40

Vision réelle ou hallucination due au traumatisme de voir son grand-père mourir? Jacob ignore quoi penser de ce qu’il a vu, et une lettre trouvée dans un livre appartenant à son grand-père le décide de se rendre lui-même sur l’île de l’orphelinat pour en apprendre plus sur le passé du vieil homme.

Je n’ai pas eu accès à la version originale du roman, ce que je regrette. Certains passages du roman, dont un où le personnage central s’étonne de l’usage d’un certain pronom, font ressentir RansomRiggsPeregrine14la trahison que représente la traduction, mais Miss Peregrine et les enfants particuliers demeure une lecture facile et agréable à laquelle les photographies ajoutent une dimension mystique.

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