2 dollars et moins : Mordue au jeu

MordueJeudetail1eredecouvertureIl n’est pas rare de trouver au magasin 1 dollar des livres neufs. Datant de deux ou trois ans mais en parfait état, ils coûtent souvent moins de deux dollars. J’ai décidé d’acheter sept ouvrages au hasard et de me lancer à leur découverte.

Après Premières amours, puis Une colombe dans la gorge, j’ai lu Mordue au jeu d’Erin McCarthy. Paru en 2006 chez Penguin en anglais sous le titre Bit the Jackpot puis en 2011 chez les Éditions Rouge pour la traduction française, ce roman raconte les aventures de vampires à Las Vegas. J’ai obtenu pour 1,25$ le livre d’une valeur de 16,95$.

Seamus Fox, trois cent soixante et onze ans, est directeur de campagne d’un candidat à l’élection présidentielle de la Nation vampire. C’est un vampire sérieux, rangé, voire ennuyeux. Il n’a pas eu de relations sexuelles depuis deux cents ans. À Las Vegas pour le travail, il s’éprend d’une danseuse effeuilleuse, la mystérieuse Cara Kim.

Mes premières impressions :

  • La forme n’a rien de particulier : division en chapitres, mots simples, texte facile à lire.
  • L’histoire est médiocre. On dirait plutôt la caricature d’une histoire. Exemple : le tueur à gages qui a eu de la sympathie pour une seule personne dans sa vie, sans s’expliquer pourquoi, a pour contrat de la tuer, s’en rend compte lorsqu’il l’attaque dans une ruelle et décide de la protéger. Autre exemple : le vampire qui n’a pas eu de relations MordueJeupageinterne2sexuelles ni même de désir depuis deux cents ans s’éprend instantanément de la seule effeuilleuse vierge de Las Vegas, l’une des rares personnes dont il ne parvient pas à contrôler les pensées. Je crois que l’histoire est supposée être drôle, mais personnellement ça ne me fait pas rire.
  • Je suis en train de me demander qui est le public-cible de ce roman. Peut-être les gens qui considèrent que Twilight manque de sexe tout en étant trop difficile à lire? Ou alors, c’est juste que je ne comprends vraiment pas l’humour de ce livre et que pour le commun des mortels et des vampires il est absolument hilarant?

Après avoir lu quatre chapitres sur quinze :

  • Si la tendance se maintient, le texte étant de plus en plus drôle, ma lecture devrait m’arracher environ 20 % d’un sourire d’ici la fin du volume.
  • Ce livre me pousse à me remettre en question. Pourquoi en ai-je lu quatre chapitres? Suis-MordueJeu1eredecouvertureje obsessive-compulsive, masochiste ou les deux?
  • Saviez-vous que la combinaison de touches Ctrl-MAJ-T vous permettait de rouvrir, sur Google Chrome, le dernier onglet que vous aviez fermé? Je sais que c’est complètement hors-sujet, mais ça me semblait plus intéressant que le sujet de cet article.

Après avoir lu six chapitres sur quinze :

Désolée, mais j’abandonne, ce n’est vraiment pas un livre pour moi.

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Un vent d’Afrique

VentdAfriquepubLe 7 novembre de cette année sera la treizième Journée Internationale de l’écrivain africain. Cela me semblait la parfaite occasion pour vous parler des littératures francophones d’Afrique, ainsi que de leur histoire.

Le français a d’abord été introduit en Afrique par la colonisation, au XIXe siècle. À cette époque, la production littéraire de l’Afrique était l’apanage des colons français. Cette littérature coloniale présentait l’Afrique d’un point de vue étranger, s’adressait à un public français et décrivait souvent les africains comme des « sauvages » à civiliser.

EncadreBatoualaCe n’est qu’au vingtième siècle que sont publiées des œuvres littéraires adoptant une vision intérieure de l’Afrique et s’intéressant à la vie quotidienne plutôt qu’à l’exotisme. En 1921, René Maran reçoit un prix Goncourt pour son roman Batouala. L’auteur est Antillais, mais il vit en Afrique et son livre est un des premiers dans lesquels les Africains peuvent réellement se reconnaître. Batouala connaît un grand succès, mais aussi de nombreuses critiques. Pour la première fois, un roman largement diffusé remet en question la colonisation, ce qui fait scandale.

OeuvresnegritudeDans les années 1930 naît le courant de la négritude, qui rassemble des écrivains noirs de différents pays. Courant à la fois littéraire et politique, la négritude combat la mentalité colonialiste et esclavagiste selon laquelle les valeurs « civilisatrices » des Blancs seraient supérieures aux valeurs « sauvages » des Noirs. Pour le poète martiniquais Aimé Césaire, « [le mot « négritude »] désigne en premier lieu le rejet. Le rejet de l’assimilation culturelle ; le rejet d’une certaine image du Noir paisible, incapable de construire une civilisation. » Ironiquement, c’est Paris qui devient le centre de la négritude car c’est là que les intellectuels noirs, venus pour leurs études, se rassemblent.

Si les œuvres de la négritude sont essentiellement des textes poétiques, les Africains écrivent également des romans.

Même si logiquement le roman africain prend la suite du roman colonial, il en subvertit néanmoins l’esprit. Il s’agit d’un changement de perspective dans la façon d’écrire à partir de l’Afrique et sur elle. Pour beaucoup de romanciers, il fallait décrire l’Afrique de l’intérieur, témoigner de sa misère coloniale ou ses grandeurs précoloniales, ce qui n’est pas allé sans susciter beaucoup de débats sur la mission de l’écrivain africain.
Introduction aux littératures francophones, Montréal, PUM, 2004.

OeuvreshistoriquesAinsi, les romans africains sont souvent très engagés. Ils permettent de faire connaître l’histoire de l’Afrique, de préserver la mémoire de légendes locales et de mieux définir l’identité africaine. Naissent ainsi de nombreuses œuvres à saveur historique, mettant en scène différents dirigeants de l’histoire de l’Afrique, comme le chef zulu Chaka ou la dynastie malienne des Keita.

Parallèlement au roman historique, le roman d’apprentissage est aussi très présent dans la littérature africaine. Le roman d’apprentissage raconte le cheminement évolutif d’un personnage, sa maturation. Cela en fait un genre particulièrement approprié pour des écrivains qui cherchent à explorer le thème de l’identité.

Dans les années 1960, les indépendances changent complètement le paysage littéraire africain. Mobilisés pour des fonctions politiques et administratives, lesEncadreDevoirViolence intellectuels ont moins de temps pour écrire. La négritude est remise en question ; elle semble renvoyer une image trop idéalisée, trop déformée, de l’histoire africaine. Cette rupture avec la négritude est marquée, entre autres, par la publication du roman Le devoir de violence, de Yambo Ouologuem, qui s’attaque directement à la mythologie du passé glorieux africain.

Bien entendu, l’évolution des sociétés africaines nouvellement indépendantes devient rapidement un thème littéraire. Ainsi, plusieurs écrivains dénoncent à travers leurs œuvres la corruption du pouvoir. Alioum Fantouré, par exemple, montre dans son roman Le cercle des tropiques comment les anciens colonisateurs continuent à contrôler une partie de l’administration des pays supposément indépendants, et comment les citoyens souffrent dans de nouveaux régimes EncadreCercletropiqueslocaux mais dictatoriaux.

On remarque aussi une recherche et une expérimentation au niveau de la langue et de la forme, de nombreux écrivains incorporant à leur textes différents éléments de la tradition orale africaine. Dans les années 1980, les femmes écrivains développent plus avant le récit autobiographique. La littérature francophone de chaque pays développe ses caractéristiques propres et ses classiques qui sont étudiés dans les écoles. Chaque année sont publiées en Afrique quantité d’œuvres francophones. Pourquoi ne pas en lire une d’ici vendredi, pour célébrer la Journée Internationale de l’écrivain africain?

 

Référence principale de cet article :
Introduction aux littératures francophones, Montréal, PUM, 2004.

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Oculus : le long-métrage

Oculus2013-1Après avoir visionné Oculus : Chapter 3 – The Man with the Plan(2006), j’ai visionné Oculus(2013) (lisez mon article précédent à ce sujet pour comprendre celui-ci). Réalisé, comme le court métrage, par Mike Flanagan, le long métrage Oculus combine les trois premiers chapitres du scénario original. On y reconnaît plusieurs détails et répliques présents dans Oculus : Chapter 3 – The Man with the Plan, mais cette fois le personnage de Tim Russel est divisé en deux : Tim et Kaylie Russel, un frère et une sœur.

Tim, interné après avoir tué son père et affirmé que le miroir Lasser était à l’origine de tout, a passé dix ans en institution, pendant lesquels il a appris à rationaliser ce qu’il lui est arrivé et à ne plus associer ses malheurs à une puissance surnaturelle. Lors de sa sortie de l’institution, il est rejoint par sa sœur qui, obsédée par l’idée de prouver la culpabilité du miroir, a prévu une installation pour documenter ses effets avant de le détruire : caméras, alarmes, etc., comme dans le court métrage..

La présence de deux personnages permet de ralentir leur descente dans la folie et de les entendre exprimer leurs réflexions à voix haute. Le film alterne entre des scènes de leur expérience de documentation et des scènes de leur enfance, après que leur père ait fait l’achat du miroir Lasser.

L’intérêt principal du film réside dans les théories différentes que l’on peut bâtir au sujet de ce qu’il s’est réellement passé. Tim et Kaylie sont-ils réellement sortis de la pièce au miroir après le début de leur expérience de documentation? Tim a-t-il tué Kaylie étant enfant? Le miroir a-t-il réellement des pouvoirs surnaturels? Si oui, Oculus2013-2quels éléments du film sont des illusions créées par lui?

Ainsi, vous apprécierez probablement ce film si vous aimez les œuvres dont chacun peut proposer sa propre interprétation, comme Mulholland Drive, par exemple. À noter aussi : l’excellent jeu d’Annalise Basso, qui interprète la jeune Kaylie Russel.

Si vous avez vu Oculus, je vous invite à partager votre opinion et votre interprétation du film dans les commentaires.

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Que regarder après Féminin/Féminin ? partie 2

LesbianSeries2Dans la première partie de cet article, j’avais amorcé un petit tour d’horizon des webséries récentes mettant en vedette des lesbiennes. Poursuivons…

Inspirés d’une novella publiée en 1871 par Joseph Sheridan Le Fanu, les vingt-sept courts épisodes de la série anglophone Carmilla mettent en scène une jeune universitaire qui enquête sur les mystérieuses disparitions d’autres étudiantes sur son campus. Elle confie avec humour ses observations à la caméra. On est également témoin de ses interactions avec son étrange nouvelle compagne de chambre…
La caméra est stationnaire mais la série est très dynamique et inclut de nombreux personnages. Les épisodes étant très courts, ils se regardent facilement, à la suite. Points bonus pour les nombreuses références à d’autres univers de fiction (Doctor Who, Superman, Harry Potter, Veronica Mars, etc.) Quant aux amours lesbiennes, elle ne sont pas présentes dans tous les épisodes, mais elles sont traitées avec humour et augmentent en authenticité alors que la série avance. Vers le dix-septième épisode, la tension monte et l’intrigue se charge de suspense, sans perdre son ton léger. Personnellement, j’attends la suite avec impatience. En attendant, voici le premier épisode :

Abby, le personnage principal de la série Easy Abby, n’a jamais été en amour. Pas de romance dans sa vie : elle se contente d’aventures sexuelles… pour l’instant. Elle aimerait potentiellement vivre l’amour, mais elle n’a pas la moindre idée de comment s’y prendre.
La série est en anglais mais des sous-titres sont disponibles en français, et ils sont meilleurs que ceux de la plupart des séries traduites. Ça m’a pris quelques (courts) épisodes avant de développer un intérêt pour l’histoire. J’ai tout de même trouvé mon compte dès le début de la série grâce à de nombreuses scènes de baisers et d’amour entre filles. Voici le premier épisode de cette série disponible gratuitement sur YouTube.

Produite par financement participatif, la série anglophone Dyke Central n’en est qu’à son second épisode. Les personnages centraux, Alex et Gin, toutes deux lesbiennes, vivent ensemble dans un appartement d’Oakland. Leur colocataire vient de les quitter. Jackie, la copine d’Alex, voudrait emménager avec elles, mais Alex n’est pas prête. De toute manière, Gin vient de rencontrer quelqu’un… C’est ainsi que commence la série. Malheureusement, avec seulement deux épisodes en ligne, on a à peine le temps de s’attacher aux personnages. Il faudra attendre encore pour savoir si cette série vaut réellement la peine. Quant à vous, cher lecteurs, je vous invite à regarder l’épisode pilote et à partager vos propres impressions sur la série dans les commentaires.

Pour découvrir encore plus de séries disponibles en ligne, lisez la troisième partie de cet article!

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2 dollars et moins : Une colombe dans la gorge

MajorColombe4Il n’est pas rare de trouver au magasin 1 dollar des livres neufs. Datant de deux ou trois ans mais en parfait état, ils coûtent souvent moins de deux dollars. J’ai décidé d’acheter sept ouvrages au hasard et de me lancer à leur découverte.

Après Premières amours, j’ai lu Une colombe dans la gorge, de Colin Major. Paru en 2010 chez Caractère, ce livre-enquête présente un dossier de police fictif et propose au lecteur ou à la lectrice de parcourir les différentes sections dans l’ordre de son choix pour découvrir qui a tué Charles Martel. J’ai obtenu pour 2,00$ le livre d’une valeur de 9,95$. Place à l’enquête…

L’introduction est un message laissé au lecteur ou à la lectrice par la personne ayant commis l’assassinat. Se vantant que les autorités aient arrêté un innocent à sa place, l’esprit criminel nous met au défi de découvrir la vérité tout en expliquant le concept du livre.MajorColombe2

La victime, Charles Martel, résidait dans un immeuble à appartements du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. L’adresse, le 2027 Nicolet, est fictive, bien que les 2025 et 2029 existent réellement. Les personnes suspectées de son assassinat et interrogées par la police sont les autres résidents de son immeuble. Au menu, donc : plan de l’immeuble, fiches signalétiques des locataires, articles de journaux, dépositions, interrogatoires, relevés de téléphone, etc. Pour qu’il soit plus facile de s’y retrouver, chaque document comporte des renvois vers d’autres pages reliées.

Bien entendu, un « dossier de police » ne serait pas la plus palpitante des lectures s’il n’y avait pas quelques éléments assez originaux pour y mettre du piquant : une victime qui était détestée par ses voisins pour excès de gentillesse, un témoin qui tente de résister à l’influence des reptiles qui, selon lui, dirigent le monde…

ColombredanslaGorge1eredecouvertureLa lecture est assez facile, mais la prise de notes permet de résoudre l’enquête plus rapidement, sans passer des heures à relire les différentes sections du livre. Une colombe dans la gorge est un ouvrage original de part sa structure et c’est rafraîchissant de pouvoir mener l’enquête soi-même, sans narration contraignante.

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