Le Puzzle du ciel bleu

Voici un court texte que j’ai bien apprécié et que je voulais partager avec vous, cher lecteurs :

Avatar de lucdellisseL'Inconnu

Pour un écrivain, son enfance, sa jeunesse, sa vie n’ont pas une réalité fixe: il les a trop souvent réécrites pour que le souvenir qu’il en reste soit autre chose qu’un rêve. Le passé est devenu un palimpseste, un texte continu qui recouvre les bribes d’un manuscrit initial presque entièrement effacé. La mémoire, quand elle veut y retrouver un détail, a désormais affaire, non aux souvenirs directs, mais aux souvenirs de souvenirs.

Si on cherche à comprendre ce qui s’est réellement produit, à un moment donné et lointain de son existence, aussitôt les détails les plus précis et les plus réels sautent à l’esprit. Mais ils n’ont pas grand-chose à voir avec une captation objective : l’écrivain relie simplement, en remontant le cours du texte et du temps, l’expérience intime aux bribes d’une vie qui n’a pas vraiment été vécue. Ou si elle a été vécue, ce n’était pas par lui…

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Transitions, partie 1 : Le fils du Singe

FilsSingepageinterne1AVERTISSEMENT : Cet article contient des extraits du roman Le fils du Singe de Charles Prémont et en révèle certains éléments d’intrigue.

Quand je repense à un récit dont j’ai fait la lecture il y a un certain temps, je me souviens de certaines scènes, mais pas des transitions entre elles, ce mortier qui, d’un personnage à l’autre, d’un moment à l’autre, d’un lieu à l’autre, permet à la lecture d’être fluide, au récit de se déverser en un flot continu. J’ai donc décidé de lire dix longs récits appartenant à différents genres littéraires pour observer comment, dans chacun, sont traîtés les changements de personnage, de temps et de lieu.

FilsSinge1eredecouvertureJ’ai choisi de commencer par un récit assez linéaire : le roman fantastique jeunesse Le fils du Singe, de Charles Prémont. Premier tome d’une trilogie, ce roman raconte l’histoire d’un orphelin de quinze ans, Iv-han, qui a grandi dans un temple consacré à l’étude de l’Art du Singe, à la fois un art martial et une philosophie. Suite à une altercation avec un autre adolescent, Iv-han est puni par un exil de six mois. Il rejoint donc un monastère, apprend à travailler dans une rizière et découvre l’amour, mais une guerre se déclenche, mettant en péril sa destinée.

D’un personnage à l’autre

La majeure partie du roman suit les aventures de Iv-han, mais certaines scènes sont centrées sur d’autres personnages, comme Homaer, seigneur avide de conquêtes, ou Ïo-tan, amie d’Iv-han et disciple de l’Art du Singe. Les changements de personnages au sein d’une scène se font simplement en commençant un nouveau paragraphe par le nom du personnage dont on commence à suivre les aventures. Ce procédé est surtout utilisé pour les scènes de combat, où l’on suit tour à tour les différents personnages.

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Paragraphe précédé d’un ornement typographique

Lorsque le changement de personnage est aussi un changement de temps et/ou de lieu, le paragraphe est précédé par un ornement typographique, sauf lorsqu’il s’agit du début d’un nouveau chapitre.

D’un moment à l’autre

L’histoire est assez linéaire. L’avancée du temps entre deux scènes est simplement indiquée au début d’une nouvelle scène. Lorsque la scène en suit directement une autre, il n’y a pas d’espace ou d’ornement typographique entre les deux paragraphes. Observons un premier example :

Maître Ko-Hany referma le livre. Tant de fois il avait médité ces paroles. Il allongea le bras et lâcha l’ouvrage qui, après une chute de quelques centimètres, se mit à flotter pour aller retrouver sa place habituelle. Le regard de maître Ko-Hany s’accrocha un instant à ce merveilleux phénomène. Car chaque chose avait sa place ici-bas, l’Un ayant construit l’Univres en parfaite connaissance de cette harmonie qui tient tout en son lieu. Il leva les yeux au ciel pour rendre grâce à cette sagesse infinie qui régissait les mécanismes infaillibles de la réalité.

Maître Ko-Hany serait demeuré un instant de plus à méditer, n’eût été la cloche de midi qui se mit à retentir au loin. Il se leva, sortit de la pièce et alla rejoindre le cortège des moines qui s’agglutinaient déjà dans le corridor menant au réfectoire du Temple du Singe. […]

Le fils du Singe, pages 11 et 12. (PRÉMONT, Charles. Le fils du Singe. 2011. Montréal : Les éditions de la courte échelle inc., 205 pages. Pour la suite de cet article, les lettres FS feront référence à cet ouvrage.)

LaSablier cloche, en plus d’indiquer l’heure, déclenche le changement de scène en informant le personnage de Ko-Hany qu’il est temps d’aller rejoindre les autres moines au réfectoire. Comme les deux scènes impliquent le même personnage et se déroulent immédiatement une après l’autre, aucun ornement typographique n’est utilisé. Observons maintenant quelques autres exemples :

Cela faisait déjà quelques semaines qu’Iv-han travaillait dans les rizières. […]

FS, page 50.

Ce jour-là, Joyün et Kayo se trouvaient sur le pont de La Valseuse des ombres […]

FS, page 76.

Le lendemain, lorsque le soleil se leva au-dessus des murs de Loliem, il ne restait plus que quelques ruines enfumées.

FS, page 77.

Lorsqu’il y a un saut dans le temps, un ornement typographique précède le nouveau paragraphe, marquant la transition, de la même manière que lorsqu’on passe d’un personnage à l’autre. Bien que l’histoire a une structure essentiellement linéaire, elle contient quelques retours dans le passé. Observons comment l’un d’eux est intégré au texte.

Une nouvelle fois, une clameur explosa dans la masse des soldats. Ils scandaient le nom de leur seigneur comme un mantra protecteur. « Ho-ma-er! Ho-ma-er! Ho-ma-er! » Lorsque celui-ci […] les salua avec Tamashi, sa grande épée, leur vacarme atteignit son paroxysme. Son fil était si fin qu’on le perdait de vue quand on mettait l’épée à angle droit devant un de ses yeux. On racontait qu’elle était si effilée qu’elle pouvait sectionner les membres d’un homme comme s’ils étaient de beurre, qu’elle traversait avec aise la plus robuste des armures, et que même les pierres fendaient sous son tranchant.

Elle avait été forgée dans la grotte du Saher-dui, le grand volcan de l’île de Saï, par le grand Tusimer. On disait que Tusimer avait un jour reçu la visite d’un vieil homme. [S’ensuit l’histoire de comment Tusimer devaint forgeron et forgea son chef-d’œuvre, l’épée Tamashi.]

[…] Tusimer regarda son maître. Celui-ci pleurait. […] Il s’agenouilla devant son élève et lui embrassa les pieds. Tusimer était désormais le meilleur forgeron du monde.

Ainsi allait la légende.

Homaer donna ses ordres, sépara ses troupes. [Le récit revient à la préparation de la bataille.]

FS, pages 89 à 93.

Ce retour dans le passé débute par la phrase « On disait que Tusimer avait un jour reçu la visite d’un vieil homme. »(FS, page 89.) et se termine par « Ainsi allait la légende. »(FS, page 93.) Cela permet de le séparer clairement du reste du récit.

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D’un lieu à l’autre

Aucun personnage ne possédant le don d’ubiquité, le passage d’un lieu à l’autre implique un changement de personnage et/ou de temps, donc je ne m’attarderai pas là-dessus.

Le fils du Singe a une structure plutôt simple, linéaire. Au cours des prochains mois, j’aborderai des récits plus complexes. Au plaisir de vous retrouver!

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Calendrier littéraire montréalais : juin 2016

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Patrick Verret faisant la promotion de son récit Changer de sexe pour vivre enfin en août 2015

Voici un petit calendrier des événements littéraires pour adultes gratuits ou à contribution volontaire qui auront lieu à Montréal au moi de juin. N’oubliez pas de visiter cette page souvent pour vous tenir au courant des événements au fur et à mesure qu’ils sont annoncés.

Mercredi 1er juin : Lancement : Les steppes de Gengis Khan d’Aline Apostolska

Jeudi 2 juin : Lancement du numéro 83 d’Exit ; Lecture : Éditions Triptyque / Le lézard amoureux

Vendredi 3 juin : Lancement : La Fêlure de Louise Bail

Dimanche 5 juin : Atelier sur le Haïku avec Jeanne Painchaud ; Festival de la poésie de Montréal : Dernier jour

Mardi 7 juin : Club de lecture du mardi soir

Mercredi 8 juin : Club de lecture La Découverte

Jeudi 9 juin : Sur les traces de Maria Chapdelaine de Jean-Claude Labrecque

Dimanche 12 juin : Cinéclub ONF : Histoires pour un jour d’été

Samedi 18 juin : Miguel : spectacle, avec Catherine Ego et Arturo Parra

Dimanche 19 juin : Qui ne dit mot :book-774837 Dernier jour

Vous voulez me faire part d’un événement littéraire gratuit se déroulant à Montréal mais ne figurant pas sur cette liste? N’hésitez pas à le mentionner dans les commentaires ou à m’écrire à l’adresse suivante : emerance.ga@icloud.com

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Calendrier littéraire montréalais : mai 2016

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Denis Martin Chabot lors d’une causerie littéraire en août 2015

Voici un petit calendrier des événements littéraires pour adultes gratuits ou à contribution volontaire qui auront lieu à Montréal au moi de mai. N’oubliez pas de visiter cette page souvent pour vous tenir au courant des événements au fur et à mesure qu’ils sont annoncés.

Dimanche 1er mai : Lancement de « Boîte d’images » de Denise Boucher

Mercredi 4 mai : Qui ne dit mot : Premier jour ; Lancement de «L’âge économique» de Claude Vaillancourt et de «Propos sur l’éducation» de Normand Baillargeon ; Célébrons les finalistes de la 17e édition des Bédélys

Jeudi 5 mai : Pour valoriser les arts au Québec : La revue Le Nigog, 1918 : Premier jour ; Causerie : Google Goulag ; Cadavre exquis érotique

Samedi 7 mai : Super journée BD ; Les mots partagés ; BD en direct avec Julien Paré-Sorel ; Lancement : Seyrawin : Les conquérants du Nord, Missions divines

Dimanche 8 mai : Les illustrateurs s’exposent : Dernier jour : Lancement de la quinzième saison du Cabaret des Auteurs du dimanche

Lundi 9 mai : EGOMAN : Rencontre avec Serge Marquis ; Développement inclus : Dernier jour

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Performance du groupe I Pereira I lors d’un lancement de magazine en janvier 2015

Mardi 10 mai : Madame Bolduc : légende vivante du patrimoine québécois

Mercredi 11 mai : Conférence de Michel Rabagliati ; Cinéclub ONF : Seth ; Rencontre littéraire avec Sylvain Campeau ; Lancement de « Kuei, je te salue – conversation sur le racisme » de Deni Ellis Béchard et Natasha Kanapé Fontaine

Jeudi 12 mai : Soirée poésie avec Célyne Fortin ; Club de lecture – Lisez L’Europe

Lundi 16 mai : Raconte-moi un auteur : Dany Laferrière

Mardi 17 mai : Soirée littéraire avec Natasha Kanapé Fontaine ; Rencontre avec Catherine Mavrikakis

Mercredi 18 mai : Érotisme et chef-d’oeuvre littéraire avec Lolita de Vladimir Nabokov

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L’entrée de Maison des écrivains

Vendredi 20 mai : Rue St-Urbain de Mordecai Richler

Samedi 21 mai : Club de lecture : Rencontre avec Élise Turcotte ; CRAS : Par la bande : la marge dans la bande dessinée

Mardi 24 mai : Le dominion de Seth

Mercredi 25 mai : Rien que l’amour ; Vin d’honneur pour Claude Robinson ; Le répertoire familial de chansons d’Adélard Lambert

Vendredi 27 mai : Lancement des Écrits des Forges

Lundi 30 mai : Festival de la poésie de Montréal : Premier jour

Vous voulez me faire part d’un événement littéraire gratuit se déroulant à Montréal mais ne figurant pas sur cette liste? N’hésitez pas à le mentionner dans les commentaires ou à m’écrire à l’adresse suivante : emerance.ga@icloud.com

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Fate/Stay Night : Fate (Realta Nua) partie 7

Fate7_078Vous aurez deviné, par le titre de cet article, qu’il s’agit de la septième partie de mon commentaire de lecture au sujet de la route Fate du visual novel japonais Fate/stay night. Si vous n’avez pas déjà lu le début de cet article, je vous invite à le faire : partie 1 partie 2 partie 3 partie 4 partie 5 partie 6 AVERTISSEMENT : Cet article révèle des éléments de l’intrigue de Fate/stay night.

Nous retrouvons Emiya Shirô alors que Lancer vient d’être rappelé par son maître. En l’absence d’un danger immédiat, Shirô met un peu de place dans ses idées et interroge Saber sur son identité. La guerrière s’étonne de cette question.

 »…? What do you mean? I am the Servant Saber.
…You summoned me, so I do not think you should need to confirm it. »

«…? Que veux-tu dire? Je suis le Servant Saber.
…Tu m’as invoquée, alors je ne pense pas que tu devrais avoir besoin d’une confirmation.»

Il apparaît évident que Shirô ne connaît rien à la guerre du Graal et à ses règles, aussi Saber lui apporte certaines explications (Plus d’exposition! Décidement, il faut savoir beaucoup de choses pour comprendre ce visual novel.) À son insu, Shirô a conclu un contrat magique avec Saber. Il reçoitFate7_006 donc trois «sorts de commande», trois sceaux magiques, qui prennent forme physique sur sa main. Ce sont-là trois ordres absolus qu’il peut donner à Saber. C’est là sa propre vie.

Soudain, Saber demande à Shirô de la soigner. Aurait-elle repéré un autre ennemi? Le pauvre jeune homme ne pouvant rien pour l’aider, la guerrière décide d’attaquer immédiatement ceux qu’elle considère comme une menace. Shirô se lance à ses trousses, et arrive juste à temps pour l’apercevoir en train de préparer un coup mortel. « STOP, SABER!!!!!!! » (ARRÊTE, SABER!!!!!!!) hurle-t-il. Elle épargne sa victime. S’approchant de Saber, Shirô avoue ne rien comprendre à ce qui est en train de se passer.

Saber, qui elle-même ne semble pas saisir que Shirô ne comprend rien, explique qu’elle ne laissera pas en vie son ennemi (en l’occurence Tohsaka Rin). Pourtant, Shirô lui a ordonné de baisser son arme. Elle obéit, laissant Rin se relever. C’est à ce moment que Shirô Fate7_021reconnait la jeune mage (comme je l’ai mentionné dans une précédente partie de cet article, Shirô et Rin fréquentent le même établissement scolaire).

La jeune femme sourit (pour être honnête, je ne sais pas si c’est socialement approprié, mais je ne peux pas penser à une meilleure ligne de conduite dans la situation). Contrairement à Saber, Tohsaka Rin comprend tout de suite que notre héros est complètement perdu, aussi elle lui propose de rentrer, promettant plus d’explications.

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Tohsaka Rin

En parlant un peu plus, Tohsaka Rin se rend rapidement compte du manque de connaissances de Shirô au sujet non seulement de la guerre du Graal, mais aussi de la magie en général. Elle explique donc de nombreuses choses : ce que c’est qu’un «sort de commande», comment en utiliser un pour lancer un ordre inconditionnel auquel son Servant sera forcé d’obéir, comment l’utilisation de tous ses sorts de commande signifie la terminaison du contrat avec le Servant (et, vraisemblablement, la mort). Surtout, elle annonce que la guerre du Graal est lancée et que le Master qui survivra aux autres remportera le Saint Graal. Chaque Master a un Servant pour l’assister dans cette Fate7_086Battle Royale.

Shirô a déjà entendu parlé des «Familiers», ces êtres contrôlés par la magie, souvent de petits animaux auxquels un mage confie de menus travaux. Rin explique que les Servants sont des Familiers d’une toute autre catégorie, des héros du passé, du présent ou même du futur. Lorsqu’ils sont invoqués par un Master, le Graal recrée leur âme et leur fournit un corps. Un Servant peut aussi, lorsque nécessaire, accompagner son Master sous forme spirituelle uniquement.

Rin invite Shirô à visiter le faux prêtre de l’église de Kotomine pour plus de renseignements sur la guerre du Graal. Ils se mettent immédiatement en marche, suivis par Saber.

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Saber, couverte pour ne pas attirer l’attention sur son armure, en compagnie de Tohsaka Rin

Environ une heure plus tard, Saber se poste devant les portes de l’église pendant que Rin et Shirô entrent dans le lieu de culte. Ce n’est qu’à ce moment que Rin révèle plus d’informations au sujet du faux prêtre qu’ils sont venus rencontrer : Kotomine Kurei, un apprenti du père de Rin. La jeune femme connaît le père Kotomine depuis dix ans, et a été son élève pendant un temps. Aujourd’hui, Kotomine supervise la guerre du Graal.

Fate7_096Shirô explique qu’il ne croit pas qu’il aurait dû être choisi comme Master car il manque d’expérience en magie et il préfèrerait ne pas se être mêlé à la guerre du Graal. Le père Kotomine explique que ce n’est pas son choix. C’est le Graal qui a décidé qui seraient les sept Masters, et ces derniers doivent s’entretuer jusqu’à ce qu’un seul d’entre eux émerge victorieux. Il n’y a que deux façons de cesser d’être un Master : mourir, ou obtenir le Saint Graal et faire le vœu de ne pas être Master. En effet, tel est le pouvoir du Saint Graal : exaucer le souhait de celui ou celle qui le remporte.

Lorsque Shirô s’insurge contre cette règle de s’entretuer pour le Graal, Rin explique qu’en  fait, le gagnant ou la gagnante est le dernier Master dont le Servant est en vie. Seulement, dans la mesure ou la mort d’un Master mène à la disparition de son Servant et qu’un Servant est extrêmement difficile à tuer, les participants de la guerre du Graal sont naturellement amenés à s’entretuer. Kotomine ajoute qu’après la mort de son Master, un Servant peut rester en ce monde jusqu’à ce que son énergie magique Fate7_100s’épuise. Un Master sans Servant peut donc former un contrat avec un Servant abandonné et revenir dans la compétition. C’est pourquoi un Master sans Servant est habituellement mis à mort au plus vite, avant qu’il ou elle ne devienne une menace.

Shirô fait remarquer qu’il pourrait utiliser ses trois sceaux de commande pour rompre son contrat avec Saber et rendre impossible la formation d’un nouveau contrat. Le prêtre admet qu’il s’agit là d’une éventualité qu’il n’avait pas considérée, ne pouvant croire qu’un mage soit d’une telle lâcheté. Sans cacher son mépris, Kotomine offre à Shirô sa protection jusqu’à la fin de la guerre au cas où le jeune homme décide de mettre immédiatement fin à son contrat avec Saber.

Lorsque Kotomine mentionne les précédentes guerres du Graal, Shirô l’interroge. On en apprend donc un peu plus sur l’histoire de la guerre du Graal. L’Église a pour devoir de retrouver le Graal, aussi observe-t-elle de près chacune de ses manifestations possibles. Le Graal de la guerre du Graal est un cas parmi des centaines. Qu’il soit le «vrai» Graal ou non, les faits demeurentFate7_104 : c’est la cinquième fois qu’il se manifeste en deux cents ans, donnant lieu, à chaque reprise, à un affrontement entre sept Masters. La quatrième guerre du Graal date de dix ans à peine. Dix ans… n’est-ce pas la date de l’incendie qui a emporté la famille de Shirô?

Le père Kotomine révèle que l’horreur et la destruction qu’a connues Shirô sont le résultat du souhait du vainqueur de la quatrième guerre du Graal. Sous le choc de cette révélation, notre héros a un malaise. Une fois remis, il se retrouve face à un choix : révoquer les sceaux de commande, ou combattre.

Kotomine

Kotomine

Si les précédentes scènes d’exposition m’avaient ennuyée (voir les troisième et quatrième parties de cet article), la scène de l’église est différente. D’abord, elle n’est pas précédée de quatorze autres scènes d’exposition, ce qui aide beaucoup. Ensuite, elle amène un grand nombre d’éléments nouveaux (le personnage de Kotomine, les précédentes guerres du Graal, etc.) tout en se raccordant à ce qui a déjà été abordé (le contrat entre Servant et Master, le feu qui a dévasté la ville une décennie auparavant, etc.) Finalement, elle pose une question morale intéressante : est-il préférable de combattre, en sachant qu’il faudra bientôt tuer ses semblables, ou bien de ne pas combattre, laissant à des inconnus plus de chances d’obtenir un pouvoir immense et se rendant peut-être indirectement responsable de leurs actions?

Je vous laisse méditer là-dessus. À bientôt!

24 septembre 2016 : La suite de cet article est maintenant disponible. Cliquez ici pour y accéder.

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