J’ai récemment décidé de taper à l’ordinateur le texte intégral du roman Le triangle d’or de Maurice Leblanc. Cliquez ici pour lire l’article que j’avais écrit alors.
Voici mes plus récentes réflexions triangulaires :
– Enfermé dans une petite pièce par l’ennemi qui a juré de le tuer, le personnage de Patrice Belval affirme, après avoir formé une barricade devant la seule porte et préparé ses deux revolvers : « Comme cela, nous sommes tranquilles. Tout ennemi qui se présente est un homme mort. » Cela me semble particulièrement naïf de la part d’un militaire qui a déjà pu constater la force et la détermination de son adversaire. Euh… il ne peut pas sortir de la pièce et il n’a ni eau ni nourriture. Il ne peut atteindre le toit, mais l’ennemi peut s’en servir pour lancer une bombe, des serpents venimeux ou autre chose de son choix. Enfin, de toute manière, la scène n’est pas construite de façon à ce que le lecteur ne s’inquiète pas, bien au contraire… De plus, Belval ne semble pas se croire lui-même et se laisse prendre d’angoisse.
– Mon logiciel de traitement de texte me propose de remplacer « Aidez-moi ! » par « Aimez-moi ! » Croyez-vous qu’il tende de me communiquer quelque chose? Manque-t-il d’amour? Que dois-je faire? Peut-être devrais-je lui chanter une chanson?
– Dans Le triangle d’or, les personnages de Patrice et Coralie se rendent là où leurs parents ont été assassinés et revivent, vingt ans après, jour pour jour, le supplice que leurs parents ont vécu. Ce paragraphe résume bien la force de la scène :
Ainsi donc le miracle abominable du drame renouvelé continuait. Là encore le fait d’autrefois [un son de pioche provenant d’une direction précise] se représentait, fait tout simple en lui-même, mais qui devenait sinistre, parce qu’il était un de ceux qui s’étaient produits déjà, et qu’il annonçait et préparait la mort jadis annoncée et préparée.
La répétition du passé donne une impression de fatalité et l’attente impuissante pousse la situation à la limite du supportable pour les personnages.

– J’en suis à 48 007 mots, en plein dans ma scène favorite. Je n’ai pas envie de prendre une pause dans cette scène, mais je commence à avoir mal au dos, aux fesses et aux doigts à force de demeurer dans la même position à accomplir les mêmes gestes. Enfin! j’y retournerai bientôt!
2 septembre 2014: Cliquez ici pour accéder à la suite de mes réflexions triangulaires!
Cendrier, conte satirique
Le début du conte est plutôt lourd et entendu, et j’avoue avoir anticipé une lecture ennuyante jusqu’à ce que je lise cette phrase : « Le beau-père et les deux beaux-frères n’avait pas de nom, eux, puisqu’ils étaient les méchants de l’histoire. »(Cendrier, Pascale Cormier, Les Éditions de l’étoile de mer, 2014, page 15) C’est l’humour qui récupère les premières pages du conte. Ainsi, on peut lire, par exemple : « […] Don Jacuzzi […] était décédé […] à la suite d’un tragique accident. Se trouvant par hasard dans un chantier de construction, il s’était malencontreusement empêtré dans un bloc de ciment frais qui avait durci autour de ses mollets avant qu’une mauvaise chute ne l’entraîne au fond du fleuve qui coulait une centaine de mètres plus loin. »(page 16)
Malheureusement, le début du conte est très précipité. J’ai commencé à réellement prendre plaisir à lire après le passage de la soirée à l’Hôtel du Quartier (l’équivalent de la soirée au bal dans le conte original). C’est à ce moment-là que le personnage principal prend une nouvelle dimension et que j’ai commencé à m’en préoccuper. La suite du récit n’est plus du tout précipitée et on peut enfin en profiter. Le personnage qui fait écho à la fée marraine du compte original vaut, à lui seul, la peine de lire le conte jusqu’à la fin.
C’est un petit livre mignon qui se lit facilement et rapidement. Je vous invite à visiter le site des Éditions de l’étoile de mer si ça vous intéresse de vous le procurer. Si vous l’avez déjà lu, n’hésitez pas à écrire un commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé!